Aiki ken #12 –  Ken awase (migi)

Aujourd’hui migi awase n’est plus pratiqué comme cela.
Comment est‐il donc enseigné désormais ?
C’est très simple : remplacez la photo 3 par la photo 3bis :

ATTENTION : je ne prétends pas que le temps 3bis n’existe pas, je dis que le temps 3bis est la suite immédiate du temps 3.

Je dis en revanche que le temps 3 n’est plus compris et n’est plus enseigné.

Pourquoi ?

Parce que l’on croit qu’en Aikido la phase de coupe s’effectue de profil. On croit qu’il est nécessaire, pour couper, d’effacer le corps en lançant la hanche gauche vers l’arrière.

Quelque chose a été perdu de la pratique de maître Ueshiba, et c’est la partie la plus fondamentale du mouvement : le moment exact de la coupe.

Cependant, comme il fallait bien couper quand même, on a décalé ce moment de la coupe sur le temps suivant (3bis) qui n’est normalement que le terme ultime de la phase de coupe, qui complète la phase de coupe comme le point finit la phrase, qui la suit immédiatement, mais qui ne peut pas la remplacer.

Ce retour à la position de profil (3bis) est tout à fait indispensable, et aussitôt que possible, et loin de moi l’idée de contester sa nécessité, mais chaque chose à sa place, et la place de la coupe n’est pas dans ce temps là.

Les dossiers techniques qui précèdent (Aiki ken #8, #9, #10, et #11) expliquent longuement, et de manière difficilement contestable, que l’irimi d’O Sensei s’effectue bien de la manière qui est démontrée ici, le pied arrière restant systématiquement dans la ligne d’attaque au moment de la frappe.

Pourtant j’entends déjà les protestations :

Ce n’est pas ce qui se pratique à Iwama, ce n’est pas l’enseignement de maître Saito, ce n’est pas le Takemusu, c’est une interprétation !

S’il vous plaît, j’ai vécu longtemps à Iwama, j’ai reçu la transmission directe de Morihiro Saito, j’ai reçu de lui les cinq mokuroku d’Aiki ken et d’Aikijo il y a plus de vingt ans déjà. Je n’ai que faire de l’originalité, et si je pose aujourd’hui la question suivante, peut‐être mérite‐ t‐elle de ne pas être rejetée sans examen : sommes‐nous certains d’avoir bien compris l’enseignement de maître Saito ?

Et je vais plus loin encore : pouvons‐nous ne serait‐ce qu’un instant nous demander, avec l’humilité nécessaire, si nous avons seulement bien vu ce qui a été montré ? Si je dis cela, moi qui ai bien connu maître Saito, moi qu’il a corrigé personnellement tant de fois, moi qui l’ai tenu dans mes mains, ceux qui se réclament de lui mais qui ne l’ont jamais rencontré doivent au moins m’accorder un instant leur attention sincère.

A quiconque répondra que ce qui est présenté aujourd’hui dans le monde comme l’enseignement Takemusu d’Iwama, correspond bien à ce que Morihiro Saito montrait et enseignait, je soumets le document suivant qui devrait faire réfléchir. Voici migi awase dans Traditional Aikido par mon professeur :

Grossissons maintenant le temps 3, moment ou le sabre a déjà accompli la quasi‐totalité de son parcours, et le temps 3bis qui le suit immédiatement :

On constate ici de manière certaine qu’au moment où la coupe est quasiment terminée (3), le pied arrière de maître Saito n’a pas encore bougé, et qu’il se trouve encore dans la ligne d’attaque. Ce n’est que dans le temps suivant immédiatement la coupe (3bis), qu’il se déplace enfin pour que le corps retrouve la position de profil (hanmi).

Je crois qu’on ne peut pas sérieusement contester ce document. Or il est d’une part en parfait accord avec ce qui a été expliqué de l’irimi d’O Sensei (Aiki ken #11), et d’autre part en contradiction formelle avec ce qui est enseigné aujourd’hui en guise de migi awase.

Ceci veut dire que l’irimi et la coupe qui sont enseignés aujourd’hui sous le nom de migi awase sont faux, et que la seule manière de pratiquer migi awase est celle d’O Sensei et de Saito sensei, celle qui est démontrée en tête de ce dossier technique :

Il est fondamental de bien comprendre ce qui se passe ici, et nous renvoyons à l’explication détaillée qui a été donnée dans Aiki ken #11 :

Hanche droite et jambe droite sont à l’avant dans le temps 1, mais par l’intermédiaire du temps 2 et de la rotation des hanches cette situation s’inverse, et la hanche droite et la jambe droite deviennent alors la hanche et la jambe arrières dans le temps 3.

Voilà pourquoi, si c’est bien la hanche droite qui frappe, elle frappe en tant que hanche arrière, et voilà pourquoi la jambe droite est en extension au moment de la frappe et la jambe gauche fléchie (photo 3), parce que cette jambe gauche est à ce moment devenue pour un court instant la jambe avant.

On peut vérifier ce point sur la photo 3 de maître Saito :

Ce qui sépare le temps 3 du temps 3bis (hanmi) qui va suivre n’est qu’une fraction de seconde, fraction de seconde pendant laquelle la jambe gauche passe de nouveau à l’arrière. C’est cette proximité entre le temps 3 et le temps 3bis qui rend si difficile qu’on les distingue, et qui a abouti à ce qu’on les confonde. Le moment de la coupe est extrêmement subtil et difficile à voir. Ceux‐là même qui ont vu Morihei Ueshiba, ceux qui ont vu Morihiro Saito – et j’en fais partie – n’ont pas vu ce que ces deux maîtres faisaient véritablement.

Si on peut dire qu’interprétation il y a, cette interprétation n’est donc pas mienne, l’interprétation est le fait de tous ceux qui ont regardé et qui n’ont pas vu, et je ne fais aujourd’hui que remettre sur leurs pieds les choses qui sont à l’envers.

Philippe Voarino, mars 2014.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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