Aiki ken #5 – Riai

Lien fondamental entre aiki ken et tai jutsu (riai)

Pas de travail de ken à proprement parler dans ce cahier technique, pas de suburi.

Nous allons faire une pause nécessaire à tirer les conséquences, dans le domaine du tai jutsu, des éléments que le ken nous a apportés jusqu’à présent.
Quel est l’élément fondamental mis en lumière dans Aiki ken #1, #2, #3 et #4 ?

C’est évidemment la découverte que les techniques du ken sont mises en œuvre par la hanche arrière et pas par la hanche avant.

Je crois que ce point a été solidement établi dans les quatre dossiers précédents.

On dit partout que l’Aikido est un riai, que c’est un art synthétique, qu’il est Un, que le principe d’action reste toujours le même qu’on ait les mains vides ou qu’on manie un jo, un ken, ou un éventail. En vertu du grand principe – comme chante Guy Béart – on trouve en Aikido des relations entre tout et tout… et parfois même entre des choses sans rapport. Alors, puisqu’il est avéré que c’est bien la hanche arrière qui transmet l’énergie aux techniques de l’Aiki ken, on doit déduire du principe d’action unique qu’il est nécessaire qu’une loi aussi fondamentale soit respectée également par les techniques à mains nues. Si jamais ce n’était pas le cas, ce principe d’unité de l’Aikido que tout le monde accepte ne serait pas vérifié, et il vaudrait mieux alors ne plus le mentionner et l’oublier une fois pour toutes.

― Ok pour la logique Pévé, mais là pour le coup on aimerait bien du concret !

Et bien, maintenant que nous avons repéré ce qui doit être vérifié dans les mouvements du tai jutsu, il suffit de regarder comment O Sensei les faisait, et de voir si oui ou non la hanche arrière, appuyée sur la jambe arrière, est bien la hanche directrice de toutes les techniques à mains nues de l’Aikido.

S’il faut cocher, cochons donc :

Dans les 16 actions ci-dessus, la rotation de l’axe du corps entraîne la hanche avant vers l’arrière et pousse la hanche arrière vers l’avant. C’est pour cette raison que les hanches et les épaules d’O Sensei se retrouvent toujours de face au paroxysme de l’action, à ce moment critique où tous les paramètres de puissance maximum doivent être réunis.

Ce moment où la lame doit toucher dans les techniques du sabre, c’est aussi l’apogée du mouvement à mains nues. C’est irimi. A ce moment précis, le corps doit être de face, à ce moment précis, pour un court instant, le triangle de la position hanmi est devenu un carré.

Avons-nous recensé suffisamment de techniques …? Faut-il continuer… ?

Je pense qu’on peut s’arrêter là.

Toutes les techniques du tai jutsu ont pour hanche directrice la hanche arrière. Aucune n’est initiée par la hanche avant.

Il faut comprendre cela.

Appliquée comme il convient, cette connaissance est susceptible de modifier en profondeur tout le travail de tai jutsu en Aikido.

Il arrive fréquemment, bien-sûr, que la hanche arrière passe à l’avant après avoir terminé son travail. Ce changement s’effectue en une fraction de seconde, mais il importe de voir que l’essentiel du mouvement est à cet instant déjà accompli, comme l’est le shomen uchikomi du ken, juste avant que la jambe arrière n’avance dans le deuxième suburi par exemple (cf. Aiki ken #1 et Aiki ken #4) :

L’erreur courante, qui consiste à confondre ce passage de la hanche arrière à l’avant, avec un travail à partir de la hanche avant, sera évitée si l’on comprend le principe unique d’action, commun à toutes les techniques d’Aikido :

Philippe Voarino, février 2014.

Commentaires

Bonsoir Philippe,

bravo pour cette démonstration qui ne souffre d'aucune contradiction, en tout cas, mêmes les pratiquants Iwama "puristes" pratiquant le Tai jutsu, les plus nombreux, le font ainsi....mais encore une fois pourquoi Saito Sensei n'a-t-il pas donné ce Riai au plus grand nombre, montré les ken suburi à l'inverse de ce qu'ils devraient être (en tout cas compris comme celà par les observateurs tels que toi et les autres !!!!)....plusieurs hypothèses:

comme tu le dis, celà n'est pas diffusable au plus grand nombre, mais ceci est une version élitiste, là, je dis nous devons faire très attention au dérives possibles, sectaires par ex....les japonais en étaient friands à l'époque...

il ne l'avait pas perçu lui-même, la preuve pourrait en être son fils Hito Hiro, dans la transmission japonaise, de là celà me parait "gros"...(tout comme Oh sensei et Kisshomaru...)...

soit il voulait que l'élève providentiel, "l'élu" en quelque sorte ,puisse relier toute la richesse du message laissé par Oh Sensei, au prix du longue recherche envers et contre tous....attention à la toute puissance du maître..., heureusement ce site mais surtout le tapis doit rester un espace de plaisir, recherche, de débat et d'accomplissement...

autre...

Bien à toi

Eric

Bonsoir Philippe.

En effet cet article est plus concret, seulement avant de revenir sur votre précédente réponse, je souhaiterai juste souligner que la quasi totalité des photos ne sont pas des photos qui termine une action mais qui lance l'action. Et que ce soit la jambe arrière qui lance nous sommes bien d'accord. Là n'est pas je pense le point qui a animé les précédents débats.

Pour la peine je ne vois rien dans cet article qui n'a pas déjà été dit de nombreuses fois durant les années qui viennent de sa passer (attention ce n'est pas là une critique bien au contraire).

Cependant je répète ce que je vous ai dit sur le premier suburi et le second l'action ne se terminera qu'avec l'avancée de la jambe qui suivra l'inversion des hanches dans le plan frontal.

L'exemple du contrôle de yonkyo en est la preuve, car l'instant d'avant cette jambe puissante ne l'était pas et l'est devenu lors de l'inversion des ceintures et permet alors d'avoir ce contrôle final, sans avancée de la jambe le contrôle est perdu (et uke s'échappe)

Il est d'autant plus clair avec un uke qu'avec un sabre qui il y une perte de contrôle évidente à ne pas avancée la jambe pour finaliser l'action, il y a également une perte de la puissance...

De plus ne dit on pas que yonkyo est l'illustration de la coupe du sabre?

Matthieu

P.S: voici ce que vous m'avez écrit (le 2 février 2014) en réponse au fait que je vous "expliquais" qu'il y avait transfert d'une jambe de force à une autre lors de l'inversion des ceintures sur le plan frontal:

Quand les ceintures pelviennes et scapulaires s’inversent au plan frontal, la jambe gauche n’a aucun angle, elle se trouve à l’aplomb du bassin, elle ne peut donc exercer une quelconque poussée. Et encore moins évidemment si la jambe droite est encore en arrière. La jambe gauche ne peut donc, dans cette situation, que supporter le poids du corps.

Voici ce que je découvre dans cet article:

Mais quand la hanche arrière est passé à l"avant, c'est l'ancienne hanche avant, désormais devenue hanche arrière, qui prend le relais et transmet à son tour l'énergie. Le principe d'action est alors conservé

Alors que pensez au final?

S'il y a bien ce transfert de force lors du passage du plan frontal des ceintures, alors comme vous le dites dans cet article il est normal que la jambe avance et suive sans aucun danger. Seulement cela s'applique pour tous les moments ou il y a inversion des ceintures et pas simplement dans ce cas qui vous arrange ici.

Ou alors vous avez écrit trop vite votre article et pensez toujours comme vous me l'avez écrit dans les commentaires:

Ceci suffirait à proscrire une telle position sur le plan martial...

Matthieu

Bonjour Matthieu, je réponds comme d'habitude dans ton texte :

En effet cet article est plus concret, seulement avant de revenir sur votre précédente réponse, je souhaiterai juste souligner que la quasi totalité des photos ne sont pas des photos qui termine une action mais qui lance l'action. Et que ce soit la jambe arrière qui lance nous sommes bien d'accord. Là n'est pas je pense le point qui a animé les précédents débats.

Si, il a animé au moins le débat sur le premier suburi. Car si la coupe y est faite à partir de la hanche avant (droite) – c'est-à-dire selon moi à contresens – il est bien évident que la jambe arrière (gauche) qui est dans ce cas entraînée vers l’arrière par la rotation, n’a pas la possibilité de servir d’appui dans ce mouvement d’effacement.

Pour la peine je ne vois rien dans cet article qui n'a pas déjà été dit de nombreuses fois durant les années qui viennent de sa passer (attention ce n'est pas là une critique bien au contraire).

S’il existe un principe d’unité d’action à l’origine des mouvements d’Aikido, il n’est pas possible que la règle vaille dans un certain nombre de cas qui sont bien connus et recueillent le consensus, et qu'une technique aussi importante que le premier suburi par exemple en soit exclue.

Cependant je répète ce que je vous ai dit sur le premier suburi et le second l'action ne se terminera qu'avec l'avancée de la jambe qui suivra l'inversion des hanches dans le plan frontal.

J’ai expliqué moi-même que la jambe arrière « terminait l’action dans de très nombreux cas », si tu veux dire les choses comme cela. Mais ce que je m’efforce de souligner, c’est que dans cette « terminaison », la jambe arrière ne participe plus à la motricité du mouvement, pas plus que les hanches qui ont terminé à ce stade leur travail de rotation. Une confirmation de cela c’est le fait que cette jambe pourrait très bien ne pas avancer justement, comme on peut le voir sur certaines des photos d’O Sensei qui illustrent les cahiers techniques. L’action y est pourtant bien terminée. On peut très bien, dans le suburi 1, dans le suburi 2, dans zen-go…avancer ou ne pas avancer la jambe. C’est une affaire de maai. Si je coupe un arbre avec une hache par exemple, je me place à telle distance qui me permettra d’utiliser au mieux la rotation de mes hanches et la poussée de ma jambe arrière, mais je ne fais pas à chaque fois que je cogne un pas vers l’arbre avec ma jambe arrière. Idem si je creuse un trou avec une pioche, la jambe qui pousse reste derrière.

L'exemple du contrôle de yonkyo en est la preuve, car l'instant d'avant cette jambe puissante ne l'était pas et l'est devenu lors de l'inversion des ceintures et permet alors d'avoir ce contrôle final, sans avancée de la jambe le contrôle est perdu (et uke s'échappe).

Ceci n’est vrai que si yonkyo est exécuté en ligne au lieu d’être exécuté en spirale (voir sur ce point les CT sur la Méthode Saito). Uke s’échappera d’ailleurs d’autant plus facilement que la poussée sera effectuée avec la hanche avant, car les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui fait la faiblesse du premier suburi exécuté à partir de la hanche avant fera de la même manière la faiblesse de yonkyo.

Il est d'autant plus clair avec un uke qu'avec un sabre qui il y une perte de contrôle évidente à ne pas avancée la jambe pour finaliser l'action, il y a également une perte de la puissance... De plus ne dit on pas que yonkyo est l'illustration de la coupe du sabre?

C’est justement parce que la coupe du premier suburi est réalisée à partir de la hanche arrière (gauche) que yonkyo se finit, comme le fait O Sensei sur la photo de l’article, à partir de la hanche arrière (gauche). Sur cette photo, la puissance est maximum : ainsi appuyé sur la jambe arrière, il n’a aucun besoin d’avancer cette jambe (gauche sur la photo), mais qui plus est, il n’en aurait pas la possibilité à ce stade de la technique.

P.S: voici ce que vous m'avez écrit (le 2 février 2014) en réponse au fait que je vous "expliquais" qu'il y avait transfert d'une jambe de force à une autre lors de l'inversion des ceintures sur le plan frontal:

"Quand les ceintures pelviennes et scapulaires s’inversent au plan frontal, la jambe gauche n’a aucun angle, elle se trouve à l’aplomb du bassin, elle ne peut donc exercer une quelconque poussée. Et encore moins évidemment si la jambe droite est encore en arrière. La jambe gauche ne peut donc, dans cette situation, que supporter le poids du corps."

Voici ce que je découvre dans cet article:

"Mais quand la hanche arrière est passé à l’avant, c'est l'ancienne hanche avant, désormais devenue hanche arrière, qui prend le relais et transmet à son tour l'énergie. Le principe d'action est alors conservé".

Alors que penser au final ?

Que tu rapproches là deux choses différentes.

1 / Quand j’écrivais que « la jambe gauche n’a aucun angle, elle se trouve à l’aplomb du bassin, elle ne peut donc exercer une quelconque poussée », nous discutions si tu t’en souviens le moment où la jambe droite était en l’air et passait le plan frontal, et je n’étais pas d’accord quand tu expliquais– alors même que la jambe droite était en train de se déplacer dans l’espace – que la jambe gauche, qui supportait seule tout le corps, pouvait en même temps exercer une poussée en rotation vers l’arrière.

2 / Quand je dis maintenant que la hanche arrière « prend le relais et transmet à son tour l'énergie », la situation est entièrement différente comme le montrent clairement les photos d’O Sensei sur ikkyo :

a) La jambe arrière a dépassé le plan frontal, atteint le terme de sa course, le pied droit s’est posé, et le corps s’est stabilisé avec à nouveau deux appuis au sol, le côté droit n’est donc plus en déplacement.

b) Le mouvement de descente du bras d’uke est terminé. Tori peut donc enchaîner le mouvement suivant qui est un gaeshi tsuki réalisé sur le bras d’uke en extension comme si c’était un jo. Il le fait avec sa hanche gauche directrice, qui est bien alors la hanche arrière, et en appui sur sa jambe gauche qui a désormais acquis l’angle nécessaire à la poussée, angle qui lui faisait effectivement défaut au moment du passage du plan frontal.

c) Mais surtout, tori déclenche cette rotation de la hanche gauche de l’arrière vers l’avant, et pas de l’avant vers l’arrière comme c’était le cas de ton interprétation dans 1/. Je sais bien évidemment que gaeshi tsuki est généralement enseigné avec un effacement de la hanche arrière, tout comme l’est le premier suburi, mais c’est bien là tout le problème que j’essaie de mettre en évidence justement. Et tu commences peut-être à mieux comprendre ce que je veux dire quand j’affirme que l’Aikido a été enseigné à l’envers.

S'il y a bien ce transfert de force lors du passage du plan frontal des ceintures, alors comme vous le dites dans cet article il est normal que la jambe avance et suive sans aucun danger. Seulement cela s'applique pour tous les moments ou il y a inversion des ceintures et pas simplement dans ce cas qui vous arrange ici.

Ce cas ne m’«arrange » donc pas, il n’a pas d’ailleurs à m’arranger ou à me déranger, il est simplement analogue à tous les autres et traité avec la même logique de mouvement.

Ou alors vous avez écrit trop vite votre article et pensez toujours comme vous me l'avez écrit dans les commentaires :

"Ceci suffirait à proscrire une telle position sur le plan martial..."

Cette position qui est à mon avis à proscrire, n’a à voir ni avec le passage du plan frontal, ni avec l’avancée de la hanche arrière dans le deuxième temps d’ikkyo. Il s'agit d'une troisième chose encore dont nous avons discuté : l’aller-retour de la jambe avant sur le premier suburi, qui amène un moment les deux pieds parallèles, ken au-dessus de la tête, corps de face, et dont j’ai expliqué avec des arguments détaillés pourquoi ce ne pouvait pas être une position de l’Aikido. On ne peut donc pas amalgamer ce dernier point avec les deux autres ci-dessus.

Ecrire trop vite dis-tu…peut-être…on écrit toujours trop vite bien-sûr. J’ai attendu 37 ans pour écrire les choses que j’écris aujourd’hui, et si j’attendais encore 37 ans, il est vraisemblable que j’en aurais une meilleure compréhension. Mais tu remarqueras que j’ai mis le verbe au conditionnel, car les probabilités que je vive encore 37 ans sont évidemment nulles. Peut-être aussi lit-on trop vite ce que les autres écrivent trop vite, ce qui n’aide pas les hommes à se comprendre.

Je ne serai pas en mesure de répondre sur le forum les deux prochaines semaines. Mais je suis sûr que tu auras mis quelques réflexions au chaud pour mon retour.

Philippe Voarino

Bonsoir Philippe,

Il y a un point commun sur la plupart des photos. Le mouvement est ascendant et non descendant. Sauf sur nikyo, sankyo, gokyo et kote gaeshi. Sur nikyo et gokyo, on voit clairement que O'Sensei est en hanmi et pas encore hito e mi. Hito e mi termine le contrôle comme il initie le mouvement, la technique. la boucle est bouclée.

Donc pour revenir à ce que je voulais dire, la suite pour les autres photos, est donc soit un tenkan ou Tai no henka pour la descente, la coupe.

C'est ce que je ne comprend pas par rapport à vos arguments...

L'Unité vient du fait que Irimi, Tenkan et Tai no henka forment à eu trois le cercle qui mit en mouvement produisent le lemiscate. C'est pour cela que ces trois principes ne peuvent "dissocier" en disant que seul Irimi apporte la puissance. Du moins, c'est comme cela que je le ressent.

Pour finir, vous dites que Ikkyo forme un S. Le S se dessine sur le plan vertical. Si on le place sur le plan horizontal, nous avons bien un lemiscate tel hasso gaeshi. L'unité du mouvement est ainsi préservée.

Je ne comprend pas pourquoi Tai no henka et tenkan sont des conséquences passives et non actives du principe irimi...

Thomas

Pour finir, je dirais même que hito e mi = irimi / tenkan = irimi mais aussi tai no henka = irimi. 3 moteurs pour compléter le cercle, la spirale.

C'est ce qui fait l'unité de l'Aïkido. C'est que la méthode notre montre par l'éxagération des déplacements. Sinon, nous ne pourrions l'observer car ces mouvements sont très étroitement liés les uns aux autres. Ils forment "la Trinité de l'Unité".

Bonjour Philippe,

D'autres réflexions me viennent à l'esprit. Dans san ju ichi no suburi, les temps 2 / 4 /10 / 14 - 16 / 26 - 18 / 23 et 29 correspondent à quel type d'actions? Est-ce un retrait, un passage nécessaire pour permettre la coupe pour la première suite (passage en jodan)? Est-ce de même pour la seconde suite (passage gedan)? Et est-ce une simple remise en garde pour la troisième (mouvement gaeshi)?

Car si je comprends bien votre raisonnement, cela ne peut une coupe ou même une frappe!

J'en viens donc à une autre interrogation, pourquoi dans le ju san no jo suburi le temps 2 du tsuki jodan gaeshi n'est pas comptabilisé? Avant je pouvais le comprendre car il formait un tout : Jodan gaeshi uchi - 2 actions offensives faite sur un temps. Mais toujours selon votre raisonnement, pourquoi ce temps de retrait, d'armement, n'est plus?

Ce que je trouve très intéressant justement, c'est que l'action en Aïkido (attention utilisation d'un terme profane :) ) est à la fois esquive, parade et attaque en fonction de Ma-ai et ce que ce soit en Buki-waza ou Tai jutsu...

Je reste perplexe...

Bonjour Philippe,

Merci pour ce cahier très riche en éclaircissement et en réflexion, peut-être que je m'avance trop tôt, mais si l'utilisation d' irimi/tenkan est nécessaire pour atteindre le momentum maximum dans la frappe par l'alignement du seika tanden et du ken, alors peut-on également appliquer ce principe au travail du Jo? n'y a-t-il pas un risque de perdre ce momentum et de perdre cette alignement lors d'un tsuki? peut-être que d'autres éléments, propre au Jo, ne rentrent en jeu ?

Khalil

bonjour Khalil en attendant la réponse de philippe, voici mon opinion (qui peut etre erronée), parfois suivant l'arme l'alignement avec uke va etre perdu mais pas le mien(surtout pas le mien) cependant mon arme, elle, doit etre dans la direction de uke. la frappe en gedan au jo est encore plus flagrante car hormis faire pivoter la ceinture scapulaire au dela de la ceinture pelvienne ou de faire un mouvement de bras comme souvent cela se fait ailleurs, il n'est pas possible de toucher UKE !!! sauf a changer l'angle d'attaque sur uke

en taijitsu sur shiho nage par exemple j'agis sur uke sans aller dans sa direction!!

donc dans tout les cas JE dois rester centré quoiqu'il arrive

cdt.gilles

Bonjour Thomas,

S'il y a une phase ascendante du mouvement, il y a aussi une phase descendante, nous sommes bien d'accord. La phase descendante du mouvement se combine bien souvent (mais pas nécessairement) avec l'avancée de la jambe arrière (tai no henka). Là aussi nous sommes d'accord. Pour l'aspect "passif", je prends une image : un arc, une flèche, je sais bien que c'est la flexion du bois et la tension de la corde qui sont moteur de la flèche, et qu'il n'y a pas une force dans cette flèche autre que sa force d'inertie, qui est énorme, et si je la prends dans la poitrine je suis mort. C'est pareil avec le corps, il est lancé par la rotation des hanches avec une grande force d'action, mais il n'y a pas dans le corps une force en soi (ou du moins elle est négligeable, et purement musculaire, dans les actions qui nous intéressent). Tai no henka, c'est le vol de la flèche.

Philippe Voarino

Bonjour Thomas.

J'ai enseigné, et je continue à le faire, que tous les temps qui semblent être des temps de "parade" sont en réalité des temps de frappe. Les déplacements tels qu'ils sont conçus dans la méthode ne permettent pas de réaliser cela véritablement, c'est pour ça qu'on a fini par penser qu'il y avait en Aikido des blocages et des parades.

Les quelques dossiers qui vont sortir à partir de ce week-end montreront que cette notion de frappes perpétuelles est intimement liée au déplacement authentique de l'Aikido, qui n'a rien de commun avec celui de la méthode.

Philippe Voarino

Bonjour Khalil.

Le principe qui s'applique au ken et au tai jutsu s'applique de la même manière au jo. Il est vrai cependant que le jo (quand il est lance) est placé sur le côté du corps, à la différence du ken qui est au centre. Cette différence va induire des ajustements nécessaires mais qui ne modifient en rien le placement et le principe d'action.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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