Au-delà de la méthode #11

1er KUMIJO

Vidéo #11 : temps 3 et 4 du kumijo

Rappel important : Dans la méthode de maître Saito, le 1er kumijo est pratiqué en ligne tel qu’on peut le voir exécuté à la fin de la vidéo # 9 (cf. Au-delà de la méthode #9).

La raison de cette pratique en ligne, c’est qu’il est nécessaire, au début de l’apprentissage, de gommer le contexte martial (de même qu’on gomme également la contrainte temporelle) afin d’obtenir la meilleure acquisition possible de la forme des mouvements.

Mais chacun voit bien qu’il n’est pas possible de travailler en ligne avec des adversaires venant de plusieurs directions et attaquant simultanément, ce qui est bien la réalité - et tout le danger justement - d’un contexte martial.

C’est pourquoi, dès que la forme est connue, il faut pratiquer en fonction des quatre directions. Il est nécessaire alors de quitter cette ligne théorique unique qui était seulement la condition de l’apprentissage des formes, pour travailler désormais dans un cercle, en mettant cette fois en œuvre la rotation des hanches, et en tenant compte dorénavant de la réalité martiale.

Cependant, les différentes phases du kumijo, telles qu’elles se suivaient chronologiquement dans l’apprentissage en ligne, sont nécessaires car elles ont une logique profonde dans les quatre directions, et c’est pourquoi elles doivent être scrupuleusement conservées :

  1. gaeshi tsuki,
  2. jodan uchi,
  3. gaeshi uchi,
  4. renzoku uchikomi

Il ne faut surtout pas les modifier sous prétexte qu’on travaille dans les quatre directions, c’est tout le contraire.

Au-delà de ce rappel, il faut comprendre ceci :

Le travail linéaire est nécessaire, mais c’est un artifice, c’est la réduction de mouvements conçus pour se déployer dans un cercle, mais que l’on oblige à tenir sur une ligne dans un souci pédagogique.

Ce qui est artificiel dans cette réduction, c’est la manière dont on force un mouvement qui n’est pas conçu pour la dimension linéaire, à y entrer malgré tout. Ce tour de force s’effectue au prix de certaines incohérences inévitables liées à l’adéquation impossible d’éléments incompatibles. Les anglais disent : « You don’t fit a square peg in a round hole » (on ne met pas un coin carré dans un trou rond).

Il est cependant un point important : dans cette réduction du mouvement, les frappes et l’ordre chronologique de ces frappes restent inchangés.

Il suffit donc – une fois que la forme technique a été apprise et maîtrisée grâce à l’apprentissage en ligne – de replacer le mouvement dans l’espace circulaire pour lequel il est conçu, afin de retrouver la vérité du mouvement global, du mouvement aiki, c’est à dire du mouvement circulaire autour du principe irimi-tenkan.

Philippe Voarino, septembre 2015.

Commentaires

bonjour Philippe,Tout le monde part d'un pré requis, celui qui est au centre subit une attaque et tout le monde attaque en meme temps mais cependant rien n'empêche une attaque non simultanée et a ce moment la tout s'écroule, pire, si ceux dans le dos attaques ensemble, ce qui sera le cas j'en suis certain. Cela pour en venir au fait que la seul issus possible en cas d'encerclement est une initiative immédiate a partir d'hitoemi sur celui qui est en face, hitoemi ouvre le passage permettant à taino henka de finir l'œuvre entreprise, j'ai donc besoin d'une coupe salvatrice avant de glisser en pivotant cordialement gilles

Bonjour Gilles.

Trois points.

D'abord, l'attaque la plus dangereuse est celle simultanée de tous les adversaires. C'était l'idée d'O Sensei. Et contrairement à toi, je trouve que bien peu de pratiquants se placent dans une telle situation de danger absolu. S'ils le faisaient, ils s’apercevraient vite que, bien souvent, les techniques qui semblent efficace contre un seul adversaire ne fonctionnent pas avec plusieurs, ce qui est en totale contradiction avec l’enseignement d’O Sensei.

Ensuite, il faut bien comprendre que lorsque l’attaque adverse est lancée, il est déjà trop tard, que l’attaque vienne de derrière, de côté ou de devant. L’Aikido agit juste avant cela – c’est un peu dur à expliquer – et du coup, rien ne change véritablement dans le cas, très possible effectivement, où l’attaque du groupe n’est pas parfaitement simultanée.

Enfin,hito e mi est une ouverture du pied avant qui a pour raison et pour fonction de permettre l’entrée de la jambe arrière dans le secteur situé sur l’extérieur de la jambe avant de tori, qui est le plus éloigné que puisse atteindre cette jambe. Hito e mi est donc utilisable uniquement pour pénétrer dans un seul quartier du cercle sur les quatre que comporte ce dernier. Hito e mi ne sert à rien pour pénétrer dans les trois autres quartiers. Ce n’est donc pas une panacée. Il y a bien des déplacements où hito e mi n’apparaît pas, et ne doit surtout pas apparaître.

Philippe Voarino

bonjour Philippe, je reprend votre phrase "Ensuite, il faut bien comprendre que lorsque l’attaque adverse est lancée, il est déjà trop tard, que l’attaque vienne de derrière, de côté ou de devant. L’Aikido agit juste avant cela – c’est un peu dur à expliquer " cela me semble etonnant car dans tout les arts martiaux me semble t'il rentrer dans l'attaque est une option a condition d'etre au moment opportun ni avant ni apres ni pendant mais juste au depart, quand le choix est fait et qu'il debute , sinon !! rentrer au moment ou l'autre arme est une autre option comme de laisser passer completement via taino henka. cordialement;gilles

Salut, dans beaucoup d'écoles d'arts martiaux, on peut le désigner comme le "sen no sen" et à son point ultime le "sen", O sensei Ueshiba parlait aussi "d'aspirer l'adversaire"....peut-être est-ce aussi pour cela que dans la méthode de Saito sensei,ou de Shioda sensei ,Tori est toujours à l'initiative de l'attaque.... Bien à vous

Bonsoir Philippe,

suite au dernier stage ("merveilleux de transmission de savoir aux apprentis que nous sommes...." mais aussi et surtout pour "l'humanité" partagée...), en enseignant d'abord en ligne avec tous les pratiquants le 1er kumijo ou les autres, idem pour les kumitachi, le 31, le 13, etc... puis avec en cercle avec les yudansha, nous avons pu expérimenter et s'apercevoir, que les 4 quartiers du cercles sont (semblent suivant ton avis?) applicables à tous, que l'on aille en rotation à G,D, ARD, ARG...bien sûr des hitoemi sont présents dans certains cas et pas dans d'autres (donc hitoemi pas de règle absolue, parfois on peut perdre un temps précieux avec cette règle..), donc 4x2 possibilités (irimi tenkan avec jambe avant ou arrière).

Si on commence en hidari ou en migi, mais c'est un peu "inhabituel" de commencer le 1er kumijo en migi (ça doit être plus facile pour les gauchers? ou encore pour le ken : mais le sabre se porte à droite, cela à un sens profond?), ça fait donc 8 x 2 possibles ( dans l'absolu) , ça "semble" réalisable en tai jutsu (question du RIAI) ? ou doit-on s'en tenir simplement à ce pourquoi les kumijo ou kumitachi sont conçus en forme linéaire, c'est à dire certains commencent en hidari et d'autres en migi et il ne peut en être autrement parce qu'ils illustrent et mettent en jeu des fondamentaux ?

Merci profondément. Eric

Salut Philippe, suite à mon dernier message et après pratique sur le tapis plutôt que représentation "pseudo intellectuelle", je confirme :

"suite au dernier stage ("merveilleux de transmission de savoir aux apprentis que nous sommes...." mais aussi et surtout pour "l'humanité" partagée...), en enseignant d'abord en ligne avec tous les pratiquants le 1er kumijo ou les autres, idem pour les kumitachi, le 31, le 13, etc... puis avec en cercle avec les yudansha, nous avons pu expérimenter et s'apercevoir, que les 4 quartiers du cercles sont (semblent suivant ton avis?) applicables à tous, que l'on aille en rotation à G,D, ARD, ARG...bien sûr des hitoemi sont présents dans certains cas et pas dans d'autres (donc hitoemi n'est pas une règle absolue, parfois on peut perdre un temps précieux avec cette règle..), donc 4x2 possibilités (irimi tenkan avec jambe avant ou arrière)."

par contre la seconde partie de mon message est complètement erronée et sans valeur.....il y a bien 8 possibilités dans les quartiers du cercle et les kumitachi et kumijo, le 31, le 13, etc...ces derniers ont été très bien conçus par Saito Sensei , pour permettre aux plus "assidus et curieux de la voie" , un travail de " recherche et de décodage" indispensable pour "approcher" l'Aiki du fondateur (j'ai bien dit approcher....).

Respectueusement, Eric.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/au-dela-de-la-methode-11?language=en
Copyright TAI (Takemusu Aikido Intercontinental)