Ken / Tai jutsu #3 - Morote dori koshi nage

Début d'une spirale qui part du bas vers le haut (« shita kara ue made » en japonais).

Premier quart de la spirale.

Le pied avant ouvre pour prendre la position hito e mi afin de permettre l'entrée du pied arrière.

Moitié de la spirale, vous êtes parvenu en haut, il va maintenant falloir redescendre.

Entrez le corps, la jambe arrière effectue le déplacement de happo giri.

Troisième quart de la spirale. Attention : les bras d'aite ne doivent pas être sur votre épaule mais plus bas sur votre bras, en dessous du niveau de votre épaule.

Vos pieds et les pieds d'aite doivent former une croix. - O Sensei Kuden

Fin de la spirale. Le sentiment que vous devez développer n'est pas de « charger » aite mais de passer à travers son corps en glissant vers l'arrière.

Commentaires

bonjour M. VOARINO

Le koshi nage est régulièrement pratiqué au sein de la FFAB avec les pieds parallèles à ceux de uke, et les jambes bien serrées.

S’agit il, à votre sens, d’une erreur ? D’ou vient ce koshi nage pieds parallèles ?

Par avance merci !

Bonjour matlamb.

La projection koshi nage, quand elle est exécutée avec les pieds de tori parallèles à ceux d’uke, vient d’une projection de judo dont le principe est le sutemi (le sacrifice). Tori sacrifie son équilibre vers l’avant pour entraîner uke qui est dans son dos, et rattrape son équilibre au moment où uke chute.

Le koshi nage de l’Aikido ne comporte pas la notion de sacrifice. Les pieds de tori doivent être perpendiculaires à ceux d’uke parce qu’il pousse avec sa jambe arrière vers le ventre d’uke pour faire basculer ce dernier vers son déséquilibre avant (ou latéral, ou arrière dans le cas de ganseki otoshi par exemple). Mais tori ne cherche pas à « charger » uke : il continue, il « passe à travers le corps d’uke » qui est fauché, balayé par le corps de tori. C’est pour cette raison que tori ne peut pas avoir les pieds parallèles à ceux d’uke. Il se déplace, il est en mouvement. Et c’est pour la même raison que ses pieds ne peuvent pas non plus être serrés. J’ai subi souvent koshi nage avec maître Saito et je peux vous dire que le sentiment d’uke quand il est projeté n’est pas du tout d’être « soulevé », c’est au contraire le sentiment de tomber brutalement dans un trou.

En Aikido, tori doit être puissant dans l’axe de faiblesse d’uke, c’est pour cela qu’il a toujours des appuis perpendiculaires à ceux d’uke quand il le déséquilibre. C’est vrai pour ikkyo, pour kote gaeshi, pour shiho nage... c’est vrai également pour koshi nage. C’est vrai tout le temps, c’est un principe de logique. Quand ce principe n’est pas respecté, quand les pieds sont parallèles à ceux d’uke, il est facile de se rendre compte, sur koshi nage par exemple, que la stabilité est précaire : si uke pousse tori part en avant, si uke tire tori part en arrière. C’est pourquoi, dans l’enseignement des kuden, O Sensei insistait sur le fait que « dans koshi nage vos pieds et ceux de l’adversaire doivent former un croix ».

Philippe Voarino

bonjour Philippe Voarino,
Je voudrais savoir s il est possible d expliquer le mouvement irimi nage en Ken jutsu.C est a dire, le mouvement d aspiration de desequilibre, et le mouvement final qui entraine la chute.Sinon, pourriez vous me donner des points importants a respecter dans la logique de mouvement d irimi nage. merci d avance

Bonjour beo2.

Attention, le ken jutsu n’est pas l’aiki ken. L’aiki ken est de l’Aikido, et à ce titre est en rapport avec le tai jutsu (la partie à mains nues de l’Aikido). Le ken jutsu quant à lui est une autre discipline qui n’a rien à voir avec le tai jutsu de l’Aikido parce que le ken jutsu n’obéit pas aux principes et aux lois qui font que l’Aikido est ce qu’il est.
Votre confusion est bien compréhensible. Elle vient du fait que la connaissance des armes de l’Aikido n’a été transmise que par Morihiro Saito. Les innombrables professeurs qui n’ont pas été élèves de maître Saito et qui, depuis une cinquantaine d’années, enseignent du ken à l’occasion des cours d’Aikido, enseignent en réalité des techniques de ken en provenance de différentes écoles de ken jutsu. Ces techniques de sabre ne sont pas celles mises au point par O Sensei. Qu’on tente aujourd’hui encore de les faire passer pour de l’Aikido relève au mieux de l’ignorance et au pire de la malhonnêteté.

Je réponds donc à votre question en disant qu’il existe bien un mouvement d’aiki ken qui permet d’expliquer le mouvement irimi nage. C’est celui que vous trouverez sur ce site sur la vidéo « Mouvement d’aiki ken - kote gaeshi ». En effet, le déplacement et le mouvement de corps nécessaires à la réalisation de la technique appelée kote gaeshi et le déplacement et le mouvement de corps nécessaires à la réalisation de la technique appelée irimi nage sont les mêmes. Irimi nage n’est pas autre chose qu’un kote gaeshi réalisé avec une distance différente. C’est exactement le même mouvement de corps appliqué en kote gaeshi sur l’ensemble main-poignet-bras qui est appliqué en iriminage sur l’ensemble tête-cou-tronc. Quand on commence à voir ce genre de relation entre des techniques qui, de l’extérieur, peuvent apparaître comme différentes, alors qu’elles sont en réalité jumelles, on approche la notion de « riai ». Le riai est le cœur de l’Aikido et la clef de sa compréhension. Pour celui qui n’a pas la claire vision de ce que cela signifie, l’art d’O Sensei n’a aucune chance d’être perçu autrement que comme une gymnastique plus ou moins martiale.

Je consacrerai bien sûr des cahiers techniques à irimi nage.

Philippe Voarino

bonjour Philippe Voarino,
merci beaucoup pour vos explications precises, qui m aident(a mon niveau)a y voir plus clair.C est vraiment interessant de decouvrir les mouvements et leurs justes signications par l Aikiken .Cela me parait aujourd hui indissociable pour une comprehension et une pratique "honnete".En tout cas merci pour toutes vos informations precieuses.
be02

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/articles/ken-tai-jutsu-3-morote-dori-koshi-nage?language=ru
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