Les moments #1

Le mouvement d’Aikido est une succession de moments dont chacun revêt une importance décisive pour la suite de l’exécution.

Sur cette saisie ryo kata, le mouvement qui va suivre peut être ikkyo, nikyo, shiho nage, kokyu nage … De nombreuses possibilités techniques se présentent spontanément et naturellement.

Mais ces possibilités ne naissent que dans la mesure où elles ont été rendues possibles par une action initiale correcte.

Le déplacement initial doit vous amener hors de la ligne d’attaque d’uke, légèrement sur son côté. Il doit en outre déséquilibrer uke par l’extension de son bras gauche, sans pour autant lui donner envie de lâcher votre épaule droite.

Cette phase de regroupement et de concentration de l’énergie est nécessaire à l’expansion qui va suivre l’instant d’après. C’est une phase tenkan.

C’est cette même phase tenkan, cette phase d’inspir qui permet d’amener à vous sans les contraindre deux adversaires qui vous tiennent.

Pour exécuter dans les meilleures conditions cette phase d’absorption de l’énergie d’uke, votre disposition d’esprit elle-même envers uke doit être faite à ce moment précis d’ouverture et d’accueil. Toute idée d’opposition et de conflit nuira à la bonne réalisation du mouvement.

Commentaires

Bonjour Maître.

Cet article sur les moments et plus particulièrement sur le moment de la rencontre entre uke et tori me donne encore la possibilité de confronter l’enseignement que je reçois , envers lequel je ressens de plus en plus de doute, et vos propos.

Je retiens donc que dans le moment où tori accueille uke il y a une sortie de ligne afin d’initier le déséquilibre, déséquilibre qui conditionne toute technique.

Prenons si vous le voulez bien l’exemple des saisies, aihanmi,gyaku hanmi katate dori, kata dori, ryote dori et de la technique ikkyo.

En consultant des ouvrages relatifs aux techniques démontrés par Maître Saito je constate que cette sortie de ligne s’effectue toujours, me semble t-il, du côté "extérieur" c’est à dire du côté du hanmi avancé de uke et ce que la forme soit omote ou ura.

Cette sortie permet du reste d’engager la forme omote ou ura du ikkyo que vous illustrez dans vos articles techniques c’est à dire la forme originelle... la seule forme... La forme juste.

Dans l’enseignement que je reçois... on nous impose une sortie de ligne intérieure pour les formes omote. C’est à dire un déplacement qui revient vers le kensen (Je ne sais pas si l’orthographe est exacte)tout en ayant une action irimi vers uke avant de reprendre une distance qui nous place dans une position permettant d’engager le mouvement omote "forme aikikai".

Or plus j’y pense, plus je me dis que tout ceci est bien compliqué, bien peu "fluide", et bien dangereux car le uke et bien il a aussi des jambes et peut s’en servir !

J’aurais souhaité avoir votre opinion sur ce point de vue.
Je vous remercie.

Un début de réponse
http://www.youtube.com/watch ?v=7ouo6auP9Fc

Il faut supprimer l’espace avant le " ?"

Bonjour LdB, il faut utiliser le bouton ’spip’ (transformer un texte sélectionné en lien) :

Lien vers la video de LdB sur YouTube

François

Bonjour Phil.

Si uke est en équilibre, il est évident qu’il est plus dangereux d’entrer vers l’intérieur de son corps, d’où il peut frapper avec pieds et poings, que d’entrer vers l’extérieur (c’est-à-dire du côté de sa jambe avant) qui est une zone plus éloignée et relativement plus protégée des possibilités de frappe d’uke .

En revanche, si tori parvient à créer une dynamique telle qu’uke perd son équilibre (en voulant attraper une épaule qui s’efface par exemple), il est tout à fait possible d’entrer alors sur l’intérieur et d’effectuer ikkyo omote, comme vous en donnez l’exemple.

Le problème, c’est que dans ce deuxième cas de figure tori doit impérativement pratiquer en ki no nagare. Or on ne peut pas demander à un débutant de pratiquer d’emblée en ki no nagare. C’est trop tôt, il a besoin de comprendre auparavant la logique des mouvements de l’Aikido. Pour comprendre la logique de ces mouvements, le débutant doit passer par un travail moins dynamique que l’on appelle kotai. Et dans le cadre du travail kotai il est impératif d’entrer vers l’extérieur d’uke.

Autrement dit, beaucoup de choses sont possibles en Aikido, mais il ne faut pas mélanger les niveaux de pratique. C’est le mélange opéré entre les niveaux de pratique qui crée la confusion.

Philippe Voarino

Merci pour votre réponse.

Bonsoir Maitre,

Je reviens vous parler du sujet que j’évoquais en février dernier à propos du déplacement de Tori. J’ai confronté le point de vue que vous évoquiez dans la réponse à ma question avec d’autres pratiquants, notamment le fait de travailler obligatoirement en ki no nagare dans le cas d’une sortie sur l’intérieur par exemple pour faire ikkyo sur kata dori.

Je leur ai également parlé du fait que pour le travail Kotai la sortie sur l’intérieur dans le cas d’un uke en équilibre n’avait pas de sens...

Je vous donne en substance la réponse qui me fût rétorquée.

Si les techniques mettent toutes en oeuvre le principe irimi tenkan, les gestes qui en
découlent doivent être aussi étudiés. Une technique pour être maitrisée nécessite un apprentissage, certes par la mise en oeuvre du principe, mais le geste doît avoir été "intégré par l’organisme".

Si le travail Kotai sur une technique est le préalable obligatoire pour maitriser cette technique en ki no nagare, le corps devra certes d’abord l’avoir "intégré" et maitrisé en travail Kotai mais dans ce cas, vouloir passer en travail ki no nagare ne peut se concevoir que sur la base du même schéma technique.

Autrement dit et pour reprendre l’exemple que j’évoquais en février :

Si travail Kotai en sortie extérieure travail en ki no nagare sur l’extérieur.
Si travail en ki no nagare sur l’intérieur alors préalable Kotai sur l’intérieur car pour respecter une logique, on ne peut travailler directement en ki no nagare des formes avec des placements que l’on n’a jamais travaillé en Kotai.

J’avoue ne pas avoir su quoi répondre...

Bonsoir Phil,

Si travail Kotai en sortie extérieure travail en ki no nagare sur l’extérieur. Si travail en ki no nagare sur l’intérieur alors préalable Kotai sur l’intérieur car pour respecter une logique, on ne peut travailler directement en ki no nagare des formes avec des placements que l’on n’a jamais travaillé en Kotai.

Je ne suis pas sûr de saisir cette logique. Sur Yokomen par exemple, l’entrée en kotai se fait sur l’extérieur, alors qu’en ki no nagare c’est sur l’intérieur, non ?

Bonsoir brunolito,

Je suis heureux d’avoir un interlocuteur.

Certes, j’entends bien votre remarque.
Cependant, ce que le pratiquant avec lequel je discutais à voulu dire, je pense, c’est que si le travail kotai qui d’une certaine façon, en "gommant" l’intégration de la vitesse de l’attaque, est un travail préalable à la pratique en ki no nagare, fluide et qui intègre cette vitesse, alors les formes kotai et ki no nagare ne doivent différer que par la prise en compte progressive de cette vitesse ou plutôt du maaï si on intègre la distance.

Or, ce n’est pas le cas.

Si sur l’exemple de yokomen que vous choisissez, vous sortez sur l’extérieur en kotai pour faire irimi nage, il vous sera possible avec un long entrainement de maîtriser progressivement une forme en ki no nagare...sur l’extérieur. C’est d’ailleurs sur l’extérieur qu’elle se travaille.

En revanche, et c’est ce que mon interlocuteur contestait, si vous travaillez Ikkyo omote en forme kotai en sortant sur l’extérieur et que vous travaillez la forme en ki no nagare sur l’intérieur,vous ne travaillez pas le même mouvement. Certes vous travaillez ikkyo omote dans les deux cas, mais pour obtenir Ikkyo omote en ki no nagare sur l’intérieur vous n’effectuez absolument pas le même déplacement au départ de l’action que pour la forme en kotai. Pour lui, dans ce cas, on doit donc au préalable travailler également Kotai sur l’intérieur pour intégrer le déplacement.
Et c’est à cela que je n’ai pu opposer d’arguments, d’où ma question à Maître Voarino...

Bonjour Phil.

Une technique pour être maitrisée nécessite un apprentissage, certes par la mise en oeuvre du principe, mais le geste doit avoir été "intégré par l’organisme".

Ce que l’on peut répondre à cela Phil, c’est que le corps intègre aussi malheureusement les erreurs. "Dresser le corps" en le plaçant délibérément dans une situation dangereuse du point de vue martial, c’est l’habituer en réalité à ne pas tenir compte du danger. Et cette habitude est grandement dommageable. Il y a bien d’autres manières d’apprendre à entrer sur l’intérieur, et notamment en kotai,que celle qui dresse le corps à ne pas se sentir mal dans une position dangereuse.

Philippe Voarino

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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