Au-delà de la méthode #55

Nikyo : une poussée en rotation vers l’avant

L’immobilisation réelle de nikyo est atteinte, comme toute technique, en utilisant la spirale d’O Sensei.

Ce déplacement, que nous connaissons bien désormais, et qui permet de quitter le cercle des adversaires, a une conséquence importante : la position atteinte au moment où l’arm lock se déclenche est exactement inverse de celle atteinte au même point dans la méthode.

La conséquence est la suivante : alors que dans la méthode l’immobilisation est conclue par une descente tout droit sur la jambe avant, dans le travail réel la hanche qui se trouve à l’arrière est en position de pousser vers l’avant, en rotation, et avec cette fois toute la puissance du corps.

L’immobilisation nikyo est donc en vérité réalisée à l’aide d’une rotation vers l’avant, et non d’une traction vers l’arrière ou d’une descente tout droit avec le buste.

On trouvera confirmation de ce fait dans la fameuse et controversée photo de nikyo par O Sensei dans son livre Budo (photo 23, p 45 de l’édition anglaise). O Sensei s’y trouve curieusement en garde inversée par rapport aux critères de l’Aikido moderne :

L’explication n’est pas qu’il se trompe, ou que le mouvement a « évolué » depuis cette époque lointaine (1938), l’explication est que c’est la seule manière authentique d’exécuter la technique : nikyo s’effectue à partir de la hanche arrière qui pousse parce qu’elle est armée et prête à délivrer sa puissance, et non pas à partir de la hanche avant qui est impuissante.

N.B : une indication intéressante sur la photo d’O Sensei est la position d’uke, on voit bien qu’il n’est pas amené vers les pieds de tori, comme c’est le cas dans la méthode, avec les risques que cela comporte, mais se trouve au contraire en projection de tori, ce qui correspond bien à une poussée à partir de la hanche arrière.

Si la seconde main de tori vient se poser sur le coude d’uke juste avant de glisser vers son poignet, c’est que ce temps est nécessaire pour maintenir le coude d’uke à un niveau bas. On peut également vérifier ce détail, cette fois sur la photo 21 de la p. 45 du livre Budo (O Sensei y contrôle le coude d’uke avant de glisser la saisie vers son poignet).

En effet, si le coude d’uke remonte quand tori pousse vers l’avant, il faut alors appliquer ikkyo, ou toute autre technique compatible avec cette position, ou encore « récupérer » la technique nikyo en inversant la saisie de la seconde main qui doit cette fois passer sous l’avant-bras d’uke (comme cela est démontré sur la vidéo).

Le nikyo classique est en revanche impossible quand le contrôle sur le coude d’uke a été perdu, et qu’il est à cause de cela monté trop haut. Dans le travail réel, contrairement à la méthode, la deuxième main de tori ne saisit pas le poignet immédiatement, elle maintient dans un premier temps le coude d’uke, et ne se verrouille sur son poignet que lorsque le coude ne peut plus monter. 

Philippe Voarino, décembre 2016.

Commentaires

Salut Philippe,

comment poser des questions sur l'irréfutable????? bien difficile.... merci encore d'avoir mis le principe en lumière depuis ces mois, avec vidéos à l'appui, nul part ailleurs on ne voit cela....hormis une simple reproduction et au plus vite de la méthode...Toutain, Tissier, etc...

tu es parmi d'autres à avoir reçu les 5 "mokuroku" de Saîto sensei et en même temps le seul à proposer le chemin vers l'Aikido d'O Sensei .....grand "courage" dans la meute....tu lui fais "confiance", heureusement.....

difficile pour beaucoup de s'y retrouver, d'autant plus qu'O Sensei dans les vidéos à notre disposition (trop rares...) montrait de façon aléatoire "la méthode" en ligne et le mouvement réel en cercle.....

peut-être de cela beaucoup des incompréhensions de nos jours???

merci pour tout cela, Eric

bonjour Philippe, je vais enoncer un fait qui va sembler obscur a bcp et je m en excuse ,mais les principes de creation et positionnement d une soie de sabre suivent cette meme nature de mouvement ,dans le ens ou rien n est force ou effort ,seulement axe logique et placement srg

bonjour Philippe , j ai avec regret compris la raison du travail en ligne des arts japonais en comparaison des arts chinois ,nous en parlerons quand vous aurez un moment respectueusement Srg

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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