Go no awase

Nous débutons ici la deuxième centaine de dossiers "Au-delà de la méthode", et il n’est pas inutile je pense de commencer avec un exercice fondamental. Go no awase est un exercice d’étude avec deux ken : uchi tachi et uke tachi. Uchi tachi attaque avec le cinquième suburi (go no suburi). Uke tachi reçoit l’attaque du cinquième suburi avec le quatrième suburi qu’il exécute ici à reculons, il doit s’harmoniser avec l’attaque (awaseru), d’où le nom de l’exercice go no awase.

Dans le cadre de cet exercice uke tachi doit reculer de façon à toujours rétablir une distance qui permette l’attaque suivante d’uchi tachi. Du fait de cette convention, uke tachi ne peut pas pratiquer véritablement irimi-tenkan, car irimi-tenkan, comme son nom l’indique, exige que le résultat du tenkan soit un irimi (un mouvement où le corps entre, avance en rotation), et non pas un mouvement où le corps recule. C’est pourquoi on ne peut pas parler ici d’irimi-tenkan, si je le fais sur la vidéo c’est par abus de langage, faute de mots pour faire comprendre le nécessaire mouvement de rotation du corps, même dans un travail linéaire. La cible d’une entrée véritablement irimi-tenkan ne serait pas le sabre d’uchi tachi, mais son corps, cette action spiralée vers l’avant serait donc conclusive, empêchant ainsi tout exercice répétitif en ligne.

Uke tachi doit donc s’efforcer de couper sur le ken d’uchi tachi avec un sentiment de rotation des hanches le plus accompli possible, alors même qu’il recule du fait d’une convention de travail qui interdit l’authentique action irimi-tenkan. Reculer tout droit en coupant avec les bras serait un mauvais travail qui n’apporterait que fatigue physique, et ne serait même plus évocateur du principe irimi-tenkan. Reculer en se contentant de bloquer le sabre d’uchi tachi avec son sabre serait un total malentendu, la parade n’existant pas en Aikido ; bloquer le sabre de l’adversaire revient à bloquer les hanches, ce qui est aux antipodes du principe irimi-tenkan. Exemple d’une discipline de sabre sans rapport avec le principe irimi-tenkan de l’Aikido, et où la notion de parade et de blocage est au contraire présente:

Enfin, pour que l’exercice conserve un sens, une précaution importante doit être observée par uchi tachi : ne jamais avancer la jambe en montant le ken. Le corps peut avancer seulement quand le ken descend pour couper, armer le sabre au-dessus de la tête en même temps que l’on avance, c’est offrir à uke tachi une ouverture inespérée vers la poitrine et la gorge.

Philippe Voarino, juillet 2018.

Commentaires

Bonjour Maître,

J’ai plusieurs questions d’ordres très différents en rapport avec les awase de ken, je vais essayer d’être concis.

  1. Cette première question pourra peut être paraître superflue. Go no awase et Shichi no awase portent donc cette dénomination du fait qu’uchi tachi attaque par le cinquième ou le septième suburi de ken respectivement. A part ces deux awase et ichi no awase vous ne parlez pas d’autres awase, est ce parce qu’ils ne présentent pas d’intérêt ou que Maître Saito ne les travaillait pas ou peut-on imaginer un yon no awase ou uchi tachi et uke tachi s’harmonisent sur le quatrième suburi respectivement ? Un roku no awase?

  2. Vous illustrez votre article avec une photo de christian Tissier dans une position de blocage du Ken. Selon vous donc la pratique du ken jutsu, en l’occurrence l’école Kashima shin ryu me semble t-il dans le cas de christian Tissier, mais j’imagine également de n’importe quelle autre école de ken,est aux antipodes de la pratique de l’aikiken. Mais est-ce parce que l’on bloque les ken (opposition sabre contre sabre), parce que l’on s’impose sur la ligne d’attaque sans sortir de la ligne, les deux, ou pour d’autres raisons… ?

  3. Le fait de faire hidari awase en finissant jambe droite devant pour uke tachi, comme je l’ai parfois vu faire, est donc un non sens total.

  4. Il y a tout de même quelque chose que j’ai un peu de mal à comprendre. Vous avez évoqué dans vos articles précédents la rupture qui s’est opérée après guerre entre l’aikikai et la pratique du fondateur. Entre 1946 et 1969 O sensei est tout de même passé à Tokyo. Certaines des photos qui illustrent vos articles le montrent du reste pratiquant les armes et certains élèves l’ont tout de même « suivi » plusieurs années. Comment est- il possible que la pratique aikiken ait pu être passée sous silence ou mal interprétée au point que certains futurs instructeurs nationaux reviennent dispenser un enseignement de ken jutsu ? Lien trop ténu avec la pratique du fondateur et/ou mauvaise interprétation de l’enseignement originel du fondateur ou volonté délibérée des instructeurs japonais de l’aikikai ou les deux … ?

bonjour - sur ancien livre SAITO SHIHAN faisait hidari awase en finissant jambe droite devant et coupe sur les bras , mais parcequ' il faisait pas glissé vers sa gauche sans changer sa garde hami de depart -bon je pense que chacun est libre de se deplacer comme il le souhaite une fois les "fondations" en place -ce qui prend enormement de temps, d'ou les repetitions "rebarbatives" pour certains qui veulent "avancer " vite avant de savoir "marcher" -autre temps etc etc -d'autre part ,si je peux me permettre, on ne voit jamais O SENSEI pratiquer TANTO - ni meme techniques main nue contre ken -- ce que pourtant SAITO SHIHAN faisait ... mais il ne faut pas perdre de vue que SAITO SHIHAN a "créer "aikido iwama afin de ne pas oublier ce que faisait le fondateur .. peut etre a t il jugé utile de "rajouter" techniques main nue contre ken ...afin justement de faire une correlation (pas toujours evidente) entre tai jutsu et techniques ken...ceci n'etant que supposition de ma part ,n'ayant pas connu ni suivi SAITO SHIHAN.mais du fait que SAITO SHIHAN a modifié KI MUSUBI NO TACHI (avec le temps ,par rapport a ce qu'il faisait au debut ) et "rajouter des kumitachi et kumijo ,(tout est possible uisque takemusu aiki est infini) bonne pratique. salutations .

Bonjour dieu (ça fait bizarre de dire bonjour à dieu…),

"Tout le monde est libre de se déplacer comme il le souhaite"... Et bien apparemment pas si l'on veut respecter certains principes et c'est tout l'objet de mon questionnement précédent à l'attention de Maître Voarino.

Très bonne pratique à vous aussi.

article suivant de Sensei VOARINO dit pourtant la forme est une prison et il faut sortir de prison. quand a dire bonjour a DIEU rien est bizarre tout depend ce que l'on considere comme etant DIEU !!! donc tout est tres relatif non...bonne pratique

Bonjour Phil.

1/ Pour être travaillés ensemble, les suburi doivent pouvoir s'harmoniser deux à deux, et l'on a donc go no awase par exemple. Pourquoi n'y aurait-il pas un awase du 4 dites-vous, mais cet awase du 4 existe, c'est go no awase justement. Quand uchi tachi attaque avec le 5, uke tachi pratique le 4, simplement il le pratique en reculant, Et qu'est-ce que le 4 sinon le 2 répété à droite et à gauche ? Enfin, la relation qui unit le 6 et le 7 est très particulière, ne s'agit-il pas du même mouvement exécuté avec un timing différent qui obligera selon le cas à faire ou non un pas supplémentaire. Je crois que la réponse à votre question passe par une vision plus globale des suburis comme les différentes phases d'un même mouvement tournant autour de trois réalités : shomen, yokomen et tsuki.

2/ C'est irimi-tenkan qui rend les blocages et le travail en ligne obsolètes. C'est l'invention géniale d'O Sensei. Sans irimi-tenkan on est condamné aux blocages ou aux esquives, Kashima ou pas. Irimi-tenkan n'est pas une esquive.

3/ Maître Saito a parfois démontré ce type de mouvement, mais plutôt avec l'idée de montrer que la position hanmi permet de prendre l'avantage sur l'attaque d'uchi tachi sans presque bouger les pieds. Il n'est pas question dans ce cas d'irimi-tenkan, on est là dans une pratique en ligne.

4/ O Sensei n'aimait pas pratiquer les armes dans des espaces confinés, Il les a démontrées dans ces lieux, il ne les a pas véritablement enseignées. C'est ce qu'expliquait maître Saito. C'est pour cette raison entre autres qu'O Sensei lui a demandé d'aller enseigner à sa place à l'Aikikai une fois par semaine. Saito l'a fait pendant quelques années, et il y a enseigné les armes, c'est lui en réalité qui fut le professeur de nombreux élèves de l'aikikai pour l'aiki ken et l'aiki jo. Puis il a arrêté ces voyages hebdomadaires. Il n'a pas pu, compte tenu des ces conditions peu propices, transmettre les armes comme il l'a fait à Iwama avec un enseignement quotidien pendant plus de trente ans.

Philippe Voarino

Merci Maître pour vos réponses.

Bonjour dieu, Concernant le pseudo ma réflexion n’était qu‘une boutade. N’y voyez là aucune polémique et si je vous ai choqué veuillez m’en excuser. Dieu m’est témoin (sans jeux de mots) que je n’interviens pas sur ce site pour polémiquer mais juste pour m’informer et échanger.

Cordialement,

ni dieu, ni maitre!!

Bonjour Gilles.

I like.

Maître dans le sens "qui possède la maîtrise" évidemment...

Bonjour Phil.

Je pensais à la phrase que Nietzsche avait mise en épigraphe du Gai savoir :

« J’habite ma propre maison, je n’ai jamais imité personne en rien, et je me ris de tout maître qui n’a su rire de lui-même. »

Ni Dieu ni maître, c'est l'homme qui cherche. Cet homme peut avoir des maîtres, mais des maîtres capables d'aborder leur savoir avec un sourire de recul. Sans cela il vaut mieux qu'il soit seul.

Philippe Voarino

Je l'entends bien et la réplique de GMD était excellente.

Merci encore pour toutes les infos que vous livrez à travers ce site. C'est un voyage passionnant qui ne remplace évidemment pas la pratique mais passionnant tout de même.

Cordialement,

Phil

Ce site est absolument unique au monde, je n'ai vu nulle part l'équivalent. Et de ce que je sais c'est également un des plus lus et visités, bien au-delà de la France même si peu de gens l'avoueraient... ;) Donc encore merci de ce partage d'autant plus admirable qu'il est désintéressé...

Avec l'été j'aurai un peu de temps pour ajouter quelques traductions même si le rythme de publication me fait penser au tonneau des Danaïdes... :))

bonjour - pas de probleme DIEU ne se vexe jamais puisqu'il n'est pas ... ar contre la remarque de GMD n'est pas si anodine quebeaucoup semble le penser. ni dieu ni maitre cela signifie bien quelque chose pour GMD :'il est le seul a décider et il n'a effectivement ni dieu ni MAITRE (dAikido qu'il suit et duquel il apprend et progresse ) dans sa pratique . voici ce que dit Son site : Notre club est un lieu de pratique de L'AIKIDO, Nous pratiquons le TAIJITSU, AIKIKEN, AIKIJO, AIKITANTO selon certains principes fondamentaux, ce qui explique notre éloignement des fédérations existantes .Nous pratiquons cet art de façon non conventionnelle, l’intégrité de la personne est essentiel, cependant l'aspect MARTIAL doit etre UNE réalité dans notre pratique.De ce fait nous avons une pedagogie particuliere, sans kata afin de laisser libre court a l'improvisation en fonction de la necessité necessaire BREF une reponse proportionnée.

salutations et bonne pratique

oui et alors? en AIKIDO, il n'y a que la vision de Philippe qui me semble digne d’intérêt parce qu’il a osé remettre en cause contre vent et marée les règles établies par les dieux et maîtres.

j'ai aussi des avis contraire parfois mais sur le fond et certains principe je suis dans son sillage.

j'ai eu un professeur en AIKIDO bien trop retrograde et imbus de sa personne pour admettre que quelqu'un comme Philippe puisse devenir ma reference mais c'est comme ça.

je n'ai de compte a

oui et alors? en AIKIDO, il n'y a que la vision de Philippe qui me semble digne d’intérêt parce qu’il a osé remettre en cause contre vent et marée les règles établies par les dieux et maîtres.

j'ai aussi des avis contraire parfois mais sur le fond et certains principe je suis dans son sillage.

j'ai eu un professeur en AIKIDO bien trop retrograde et imbus de sa personne pour admettre que quelqu'un comme Philippe puisse devenir ma reference mais c'est comme ça.

je n'ai de compte a

rendre a personne, ni dieu ni maitre.

ps MON ex PROF n'a rien a voir avec un dieu bien au contraire, le titre de diable lui irait mieux.

les fidèles du site vont encore pester sur cet échange mais vous n'avez qu'a lui clore son bec surtout vu le peu d’intérêt technique de ses interventions!

mes salutations a toi Philippe et aux gens de bonnes volontés, pour les autres, allez au diable.

GMD malheureusement je pense que tu te trompes au sujet de VOARINO Sensei - je ne pense pas qu'il est remis en cause le travail de son MAITRE SAITO SHIHAN,bien au contraire. il a simplement pris le temps d'expliquer ( pour ceux qui ne comprenenaient pas le travai réel de SAITO SHIHAN )-. par contre il semble bien que toi tu es rejeté la travail de SAITO SHIHAN et bien d'autres ,puisque les katas ne sont pas ta tasse de thé si j'ose dire - bon salut GMD. (toujours la grosse tete on dirait.) bises de nous tous .

GMD ton accusation retrograde et imbu de ma personne ne tient pas la route . si je l'etais alors pourquoi continuer a invité des Senseis toutes fedés ou ecole confondues?? et lsuivre leur enseignement ??contrairement a toi qui reste dans ton coin et n'invite personne ou ne suis aucun stage ???salut GMD et bises de nous tous .

GMD :ni dieu,ni Maitre,ni grade,ni stage .! fin de la discussion. bises mon gilou.

bonjour - comme certain semble etre tres fier de n'avoir ni Maitre ,ni Dieu ,il me semble cependant que O SENSEI a eu plusieurs MAITRES ( arts martiaux et sipiritualité )et qu'il a fait inlure dans l'aiki - jinja de iwama de nombreuses divinités shinto ... peut etre que O SENSEI ne connaisait rien du tout a l'aikido !!! dommage pour lui.. bonne pratique a ceux qui pratique l'aikido, pas aux autres bien sur....

bonjour Sensei - si ma memoire est bonne SAITO SHIHAN a dit : le mouvement des hanches determine la position des pieds...il est vrai que beaucoup pensent que la position des pieds determine la position des hanches ... j'apprecie vos rubriques mais beaucoup de pratiquants je pense ,estiment que vos precisions une fois vues sont acquises,d'ou le fait de ne plus pratiquer ni suburi,ni rien... j'ai vu donc je sais .. un de mes enseignant "iwama"m'a dit il y a pas mal de temps, ce que l'esprit aprend il l 'oubie ,ce que le corps pratique il le garde... bonne pratique .

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

http://www.aikidotakemusu.org/fr/comment/3374
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