La position de départ de l’immobilisation de kote gaeshi est l’inverse de celle de nikyo. Cette raison empêche de réaliser l’immobilisation de la même manière dans les deux cas.

Dans l'immobilisation de nikyo votre corps se trouve placé derrière le bras d'uke et opère ainsi un contrôle naturel par sa simple position.

D'autre part, quand vous lâchez le coude d'uke avec votre main arrière, votre bras arrière est déjà positionné pour recevoir le bras d'uke au creux de votre coude. Uke ne peut donc pas s'échapper en abaissant son bras vers l'arrière.

Il est donc possible d'arriver dans cette forme d'immobilisation nikyo no katame directement.



Dans l'immobilisation de kote gaeshi au contraire, votre corps se trouve placé devant le bras d'uke, il ne contrôle donc rien. C'est votre bras arrière qui tient le bras d'uke avec l'appui de votre cuisse. La position est inversée par rapport à nikyo.

Voila pourquoi dans kote gaeshi vous devez saisir le poignet d'uke avec votre main avant et ensuite seulement descendre le genou et supprimer le maintien de votre cuisse en la remplaçant par votre bras.

De cette manière il n'y a aucun interstice dans l'immobilisation qui permettrait éventuellement à uke de s'échapper en abaissant son bras vers l'arrière. Votre main avant doit conserver la saisie du poignet d'uke jusqu'à la fin.


La manière ci-dessus de réaliser l'immobilisation de kote gaeshi résulte d'une confusion entre l'immobilisation de kote gaeshi et celle de nikyo. Au moment où tori abandonne la saisie de la main droite d'uke pour immobiliser avec son bras gauche, son coude gauche est haut. Pendant la fraction de seconde nécessaire à le baisser, le bras d'uke n'est plus maintenu par rien. Uke peut s'échapper en abaissant son bras. Il n'est pas possible de faire l'immobilisation de kote gaeshi de la même manière que celle de nikyo sans courir le risque qu'uke ne s'échappe.
L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.
La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.
Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.
La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.
Commentaires
Soumis par kakuto le jeu, 01/11/2007 - 18:27 - Permalien
Bonjour,
Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour cette question "au ras du sol", mais j’aimerai en avoir le coeur net concernant un détail technique au sujet des immobilisations de nikyo, sankyo et kote gaeshi... On m’indique qu’elles doivent absolument se faire en extension sur les orteils afin de pouvoir se relever immédiatement au cas où. J’ai cru repérer sur certaines photos de l’ouvrage Takemusu Aikido vol 1, ainsi que sur certaines vidéos, que sensei Saito s’affranchit de cette "règle" et s’assoit quasiment en seiza. C’est un détail difficile à observer sur les photos (format, hakama, angle de prise de vue). Toutefois mon intuition m’oriente à penser qu’il serait plus facile dans cette position de vérouiller la clé d’épaule. Un pratiquant Takemusu pourrait-il confirmer ou infirmer cette observation s’il vous plait. Merci d’avance.
Soumis par matthieu_j le lun, 05/11/2007 - 18:13 - Permalien
Bonjour Kakuto,
Vous avez la réponse dans ce que vous écrivez Kakuto.
La technique doit se faire en extension "au cas ou", "au cas ou" quoi ?
Au cas ou vous vous faites attaquez par une autre personne ? Est ce cela que cette formule sous entend ?
Car si c’est le cas, c’est le meme probleme que de l’on a trouve sur des articles face à des attaques multiples.
Il faut savoir à quel niveau on pratique.
Il ne faut pas confondre être sur le tatami, dans un contexte d’apprentissage et d’assimilation des éléments techniques et être dans la rue dans une situation d’aggression.
Comprenez bien que ce n’est pas martial de descendre comme cela, la technique (si elle devait avoir lieu dans un contexte de "reelle aggression") ne se terminerai pas de cette manière.
Descendre à genoux pourquoi ?
Car toute manifestation technique en Aikido a un debut et une fin, a un cycle de vie, l’immobilisation n’est rien de plus que le moment ou tout s’arrete, c’est le carré.
Mais en plus ces immobilisations permettent de travailler certaines choses :
Voyez vous Kakuto, des que l’on sait ou l’on se situe dans la pratique (apprentissage, application, randori à thème, randori libre...) il est plus facile de repondre aux questions.
De plus ne vous laissez pas avoir par nombres de professeurs qui fautes de competences reelles, jouent sur un pseudo côté réaliste pour palier à leur incompréhension de la technique.
Amicalement
Matthieu
Soumis par philippevoarino le mer, 07/11/2007 - 23:22 - Permalien
Bonjour Kakuto.
Il ressort parfaitement de la réponse de Matthieu qu’il est d’une importance primordiale de bien comprendre ce que l’on fait en pratiquant les exercices de l’Aikido et de ne pas chercher le martial là où il n’a pas lieu d’être.
Une chose m’a intéressée dans votre question, c’est votre formule « mon intuition m’oriente à penser qu’il serait plus facile dans cette position de verrouiller la clé d’épaule ». Ecouter son intuition est parfois plus utile que d’écouter les mauvais conseils. La raison des choses se dégage ensuite. Ici, la raison c’est qu’en montant sur les orteils on élève le centre de gravité du corps. La plus grande puissance d’immobilisation de l’épaule d’uke est au contraire délivrée avec un centre de gravité bas, c’est-à-dire orteils et dessus du pied au sol. Evidemment cette position n’est pas mobile. Mais elle n’a pas vocation à l’être. Elle a vocation à être statique et puissante.
Philippe Voarino
Soumis par kenshin le mer, 08/09/2010 - 23:05 - Permalien
Bonjour,
Jai eu l’occasion de regarder une vidéo sur le net dans laquelle vous pratiquez la technique nikyo. Il me semble que lors de l’immobilisation, le premier genoux que vous posez à terre est celui qui est devant l’épaule de uke. Pourtant ce que vous enseignez semble être le contraire. Pouvez vous éclaircir ce point ?
Pardonnez moi, mais je suis débutant (seulement 5 ans de pratique) et je viens tout juste de découvrir le véritable aikido (si je puis le formuler comme cela) depuis que j’ai découvert votre site. Ma volonté de chercher des réponses ailleurs provient de certains doutes naissant dans ma pratique et surtout de certains points de mon enseignement qui ne me paraissaient pas "naturelle" dans les positionnements et autres. Vos cahiers techniques m’ont permis d’éclaicir certains points et en cela je vous en remercie.
Donc si vous pouviez m’éclaircir sur cette vidéo dont voici le lien :
http://www.youtube.com/watch ?v=92rV_wcJlC4
Merci encore pour ce site très précieux et j’espère un jour pratiquer dans un de vos stages.