Aiki ken #10 – L’irimi d’O Sensei – 3ème Partie

Nous avons vu dans Aiki ken #8 et #9 que la position des pieds d’O Sensei au moment de l’irimi est différente de ce qui est habituellement pratiqué. Nous avons donné l’exemple de maître Saito, nous pouvons prendre également celui de maître Tamura, afin de montrer que les élèves les plus proches d’O Sensei ne se déplaçaient pas de la même manière que lui :

Chez Saito comme chez Tamura, le pied avant quitte bien l’axe d’attaque d’une manière identique à celle d’O Sensei, pointe du pied dirigée vers uchitachi (temps 1).

En revanche, on voit qu’il y a chez Saito comme chez Tamura un temps 2 qui correspond à l’effacement de la hanche arrière vers l’arrière du corps, entraînant à sa suite le pied arrière. Ce pied arrière quitte ainsi à son tour, après le pied avant, l’axe de l’attaque.

Je me range volontiers dans le lot des professeurs qui ont pratiqué ainsi, puisque c’est évidemment l’enseignement que j’ai reçu, aussi bien de maître Tamura dans mes premières années de pratique que de maître Saito par la suite :

Or il se trouve que ce temps 2 n’existe pas chez O Sensei qui termine systématiquement son action de frappe dans la position d’ouverture initiale, c'est-à-dire sur le temps 1. Nous avons longuement vérifié ce point dans Aiki ken #9, et il est fondamental de bien comprendre que cela signifie que cette position n’est pas une position transitoire, juste avant que le pied arrière ne se mette en mouvement comme chez maître Saito et maître Tamura. Non, O Sensei frappe dans la position ci-dessous qui est la position finale de l’action en cours :

Bien évidemment une autre action pourra être engagée à partir de cette position qui mobilisera alors le pied arrière, mais ce sera une deuxième action, distincte de la première.

Et cette deuxième action va justement dépendre de la position très particulière qui termine la première action : c’est parce que le pied arrière n’a pas bougé du tout pendant la première frappe qu’O Sensei peut enchaîner instantanément une deuxième frappe vers l’avant, à partir de la hanche arrière. Cette deuxième frappe propulse alors son pied arrière et tout l’arrière de son corps vers l’avant, à la manière du septième suburi de ken, dans cette action si caractéristique de l’Aikido du Fondateur :

Le maai étant très court après la première frappe, la deuxième attaque enchaînée en avançant la partie arrière du corps est généralement un tsuki, comme on peut le vérifier sur les photos suivantes. Et j’engage les pratiquants à visionner de nouveau les films d’O Sensei en tenant compte de cette précision technique :

J’attire l’attention sur le fait qu’il n’est pas possible d’enchaîner deux frappes de la sorte si le pied arrière bouge et quitte la ligne d’attaque dans le temps de la première frappe.

Il nous aura donc fallu trois dossiers techniques pour définir avec précision la particularité du déplacement d’O Sensei, mais le plus difficile est encore à venir.

Maintenant que ce déplacement est établi avec suffisamment de certitude, nous allons voir quel enseignement extraordinaire peut être dégagé de la simple observation qui a ainsi été faite.

Philippe Voarino, mars 2014.

Commentaires

bonjour Philippe

l Irimi de Maitre Saito serait donc aussi une version éducative , "transmissible" aux éléves ,du vrai Irimi de O sensei ? ou reste t il une spécificité du niveau "innacessible " de O sensei ?

Philippe

je ne retiens qu une chose qui a mes yeux est l aspect " extremement impressionant " de vos articles :

"J’attire l’attention sur le fait qu’il n’est pas possible d’enchaîner deux frappes de la sorte si le pied arrière bouge et quitte la ligne d’attaque dans le temps de la première frappe."

mais cela necessite une rapidité que peu atteindrons

amicalement serge

Bonjour Maitre , Merci pour ce cahier technique .;en suivant votre conseil de regarder attentivement les videos de O Sensei à la lumière de votre analyse, je trouve qu'il y a cependant sortie du pied arrière sur cette video lors du travail au bokken ( à 7minutes 49 ) http://www.youtube.com/watch?v=isAYqzkBTsk. Mauvaise interprétation de ma part ? Bien cordialement et encore un grand merci pour votre travail

bonjour Philippe,

j'ai aussi trouvé de nombreux exemple ou c'est le pied arriere qui sort mais cela n 'est pas vraiement un soucis car tout depend du hamni et du coté ou l'on sort, n'est il pas? http://www.youtube.com/watch?v=sTCoQtzkJuQ&feature=player_detailpage#t=25 cordialement. gilles

"c’est parce que le pied arrière n’a ""pas bougé du tout ""pendant la première frappe qu’O Sensei peut enchaîner instantanément une deuxième frappe vers l’avant, à partir de la hanche arrière"

          Il serait  fondamental de ne pas sortir le pied arrière afin d'avoir le Mai pour la deuxième frappe!

Il y aurait contradiction avec les videos citées . Ne serait pas surtout une mauvaise compréhension de ma part de vos explications . Très sincères remerciements pour votre travail

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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