Au-delà de la méthode #48

Dossier détaillé sur le kumitachi n°5 (fin)

#8 : 1-2-3 = 4-5-6

Il y a six frappes dans le kumitachi n°5, donc six adversaires.

Ce qui est remarquable dans ce kumitachi, est le fait qu’uketachi exécute deux fois de suite la même série de frappes. En effet, la frappe 4 est la même que la frappe 1, la frappe 5 est la même que la frappe 2, et la frappe 6 (qui n’est pas montrée sur la vidéo, et coupe le dernier adversaire exactement comme le troisième) est la même que la frappe 3.

La seule différence se trouve entre le niveau des frappes 2 et 5 : alors que le yokomen 2 s’effectue au niveau jodan, le yokomen 5 s’effectue au niveau gedan.

Il y a une raison à cela. C’est Jeff Goodwin, le responsable technique d’ITAF Angleterre (BTAF) qui m’a permis de la comprendre lors de la dernière Summer School d’Aikido au mois d’août 2016 à Lutterworth. Jeff a pratiqué l’escrime à un haut niveau et il possède dans sa bibliothèque de rares traités écrits au 16ème et 17ème siècles, en anglais et en français, à une époque où l’escrime n’était pas un sport et où la vie dépendait de la manière dont on maniait l’épée.

Ces traités considèrent que les adversaires sont plusieurs et que l’on doit combattre et se déplacer en tenant compte du cercle des adversaires. Ceci n’est évidemment pas pour me déplaire puisque j’essaie depuis des années de montrer que l’Aikido a la même logique et la même démarche. Mais de manière plus précise encore, il est expliqué dans ces traités que la frappe de taille basse est utilisée dans un contexte où la distance avec l’adversaire devient trop rapprochée, et qu’il n’y a plus ni le temps ni la distance pour une frappe de taille haute.

Cette situation est très exactement celle qui se présente au temps 5 du kumitachi n°5 : les quatre premiers adversaires ont été mis hors d’état de nuire, mais le cinquième, qui surgit dans la fenêtre laissée libre entre l’adversaire n°1 et l’adversaire n°4 (attention la vidéo ne respecte pas cet angle), se trouve trop tôt trop près d’uketachi pour que ce dernier ait le temps de se dégager suffisamment pour couper jodan, et il doit pour cette raison couper gedan sur ce cinquième temps.

Cette profonde identité de logique entre l’escrime occidentale et l’escrime japonaise devrait faire réfléchir tous ceux qui continuent à penser que les kumitachi ne peuvent se pratiquer que sur une ligne.

Philippe Voarino, septembre 2016.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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