Ken tai jo n°4: point technique 1

Un défaut classique chez les débutants quand ils frappent yokomen, que ce soit avec un sabre ou avec un jo, consiste à faire de larges moulinets à gauche et à droite. L’origine de ce défaut se trouve dans la mauvaise utilisation des mains qui doivent, pour un mouvement correct, s’ouvrir et se fermer alternativement, ce qui permet de monter l’arme au plus près du corps et de l’abattre au plus vite.

Ce manque de dextérité typique dans l’utilisation du jo a pour conséquence une moindre efficacité de l’arme, elle exige d’autre part un espace d’exécution beaucoup plus important. On peut constater sur la vidéo que ce besoin d’espace devient un problème dans un contexte martial où le nombre des attaquants réduit précisément l’espace à la portion congrue. Une attaque multiple est de telle nature que c’est à chaque fois dans un trou de souris que tori doit entrer (irimi-tenkan), et il ne peut le faire si la technique proprement dite n’est pas parfaite.

Voilà pourquoi la pratique des suburi doit normalement être maîtrisée avant que le pratiquant ne s’engage dans l’étude des awase. Le yokomen du jo ou du sabre est un mouvement difficile qui est souvent exécuté de manière imparfaite. Dans le contexte du 4ème ken tai jo (dans sa version martiale telle que présentée dans le dossier #92) on voit clairement quelle serait la sanction d’un yokomen mal fait.

Philippe Voarino, mai 2018.

Commentaires

Bonjour Philippe,

Une question me taraude : ne serait-il pas correct de continuer la rotation dans le même sens (après votre première frappe) pour atteindre l'uke qui était initialement face à vous ?

Merci encore pour tous ces trésors fabuleux que vous partagez.

Bonjour Patrice.

Il est possible en effet de continuer la rotation, c'est d'ailleurs ce que l'on fait dans le premier temps de ki musubi no tachi.

Dans une situation martiale il y a généralement plusieurs options possibles. Les kumijo et les kumitachi sont des modèles de déplacement arrangés de différentes manières dans le but de permettre l'étude de ces différentes options. Le ken tai jo n°4 nous demande d'exécuter la deuxième rotation en sens contraire de la première parce que sa fonction est de montrer cette possibilité-là. D'autres exercices mettent en scène d'autres possibilités. Et l'ensemble des exercices de l'Aikido reproduit l'ensemble des choix d'action qui se présentent dans des situations variées.

Quand on s'aventure au-delà de la méthode pour replacer l'exercice de base dans son contexte martial réel, je crois qu'il est important de "coller" à chaque fois à l'exercice qui est proposé, d'écouter ce qu'il a à nous dire, et de ne pas lui demander autre chose que l'information qu'il est censé nous apporter. Il existe suffisamment d'exercices dans la méthode d'Aikido pour étudier toutes les situations martiales possibles.

Philippe Voarino

Le sens de la méthode me paraît maintenant plus clair. Je concevais en effet un peu chaque exercice comme "figé", des formules à appliquer selon des codes... sans percevoir la liberté qui était offerte. Tout un solfège, en somme.

Merci.

(le lien cité cité dans votre réponse ne fonctionne plus)

Merci Patrice, j'ai rectifié le lien.

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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