Au-delà de la méthode #30

Gros plan sur le principe de deplacement de l’Aikido

(exemple dans le quartier avant droit du cercle)

Application sur un départ du pied arrière : kote gaeshi

La vidéo ci-dessus (aihanmi katate dori kaiten nage et kote gaeshi) est l’application du principe qui a été longuement expliqué dans « Au-delà de la méthode #28 ». La première possibilité (un départ du pied avant illustré par kaiten nage) a été analysée dans « Au-delà de la méthode #29 ».

Deuxième possibilité, à partir de hidari hanmi, pour aller dans le quartier avant droit du cercle : un départ du pied arrière.

Sur aihanmi katate dori, c’est donc cette fois le pied arrière de tori qui entre en premier, produisant par exemple la technique kote gaeshi. On s’aperçoit que le déplacement du pied avant, qui suit en arc de cercle, permet le déséquilibre d’uke, et l’entraîne de telle manière que ce dernier est projeté vers l’adversaire venu sur la droite de tori.

NB : le déplacement de tori positionne toujours ses pieds de part et d’autre de la bissectrice du secteur d’angle à 90° vers lequel il se déplace.

Ce déplacement des pieds en carré de part et d’autre de la bissectrice est fondamental parce que c’est lui qui positionne les hanches de telle manière qu’elles puissent avoir la puissance optimale de rotation (irimi-tenkan) nécessaire à la mise en mouvement d’uke. Et ce dernier élément est en parfaite conformité avec un enseignement fondamental de la méthode de maître Saito : pour kote gaeshi, l’entrée doit être telle que le bras libre de tori puisse frapper l’adversaire qui est derrière.

On réalise alors que ce qui permet de déséquilibrer uke, ce qui le projette sur l’adversaire de côté, et ce qui donne la possibilité de frapper derrière avec la main libre, est une seule et même rotation. Autrement dit, comme pour l’exemple de kaiten nage dans le dossier précédent, l’application pure et simple du principe de déplacement induit tous les fondamentaux nécessaires à l’exécution idéale de la technique, en tenant compte des quatre directions et pas seulement d’une direction unique.

Comme dans « Au-delà de la méthode #29 », nous attirons l’attention sur la conséquence capitale de cette circonstance sur le plan martial : tori n’a pas besoin de réfléchir. Il lui suffit en effet de respecter le principe de déplacement pour être sûr que tous les éléments techniques qui vont suivre le feront de la manière la plus parfaite possible, sans qu’il se trouve à aucun moment dans la nécessité de penser. La réponse qu’offre l’Aikido à une situation de crise est immédiate, elle ne dépend pas de la pensée de tori. C’est dans cette mesure qu’on peut dire que le mouvement d’Aikido ne dépend pas véritablement de celui qui l’exécute.

Philippe Voarino, mars 2016.

Commentaires

Merci a vous Philippe superbe representation . amicalement Serge

Qu’est-ce que l’Aikido Traditionnel ?


L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.

Où pratiquer l’Aikido Traditionnel ?


La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.

Les armes de l’Aikido, l’aiki ken et l’aiki jo


Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.

Aikido art martial ou art de paix ?


La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.

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