Sauf cas très exceptionnel, un candidat qui obtient un grade d’Aikido ne devrait pas normalement être en mesure, sur le plan de la connaissance, de présenter le grade suivant immédiatement après.
L’administration japonaise de l’Aikido a donc jugé qu’il fallait attendre un temps minimum entre chaque grade. Cela ressemble à du bon sens. Un jour, quelques personnes autour d’une table ont décidé officiellement la durée de ce délai :
Je ne crois pas que l’on puisse contester l’utilité de cette règle générale du point de vue bureaucratique de l’administration des grades. Mais la progression linéaire rigoureuse du découpage opéré par l’Aikikai (2-3-4-5-6-7-8 années) montre qu’il ne s’agit jamais que d’un outil de gestion, et qu’il est à ce titre indicatif et nécessairement approximatif.
Cet outil ne peut pas rendre compte de la réalité et de la vérité de la progression d’un individu. Il n’a pas été conçu pour cela. L’évolution du vivant ne procède pas manière aussi linéaire. Dans les manuels militaires on dit que le fût du canon met un certain temps pour refroidir, et bien le pratiquant d’Aikido met lui aussi un certain temps pour progresser d’un niveau à un autre. Et ce n’est pas faire injure à l’Aikikai que de reconnaître dans le dosimètre utilisé pour apprécier les délais en question la fameuse louche française.
Certains candidats auront donc besoin d’un temps plus long que le délai « type » pour arriver à la maturité du grade en question. A l’inverse, il n’est pas impossible, par exemple, qu’un excellent 2ème dan parvienne au niveau du 3ème dan en moins de trois ans. En dépit de sa compétence précoce, il attendra comme les autres les trois années réglementaires.
Et il y a une certaine logique à ce que chacun respecte ainsi les règles du jeu. Mais ceci dit, est-il inimaginable d’avoir par rapport à ces règles un soupçon de recul et de souplesse ?
Quand j’apprends que des candidats fédéraux ne peuvent pas se présenter à un examen de 4ème dan parce qu’il leur manque deux jours sur un délai de quatre ans, je me demande pourquoi l’UFA ne pousse pas le zèle jusqu’à rapporter le délai en minutes afin de vérifier qu’il ne manque pas à tout hasard vingt cinq ou trente secondes à un quelconque resquilleur.
Il n’est pas besoin d’être Montesquieu pour comprendre qu’on peut distinguer l’esprit d’une loi et son application à la lettre. A toutes fins utiles, voici le parcours d’examen de Morihiro Saito auprès d’O Sensei:
Une rapide addition permet de vérifier que ce parcours effectué en 22 ans par Morihiro Saito n’aurait été possible qu’en 35 ans selon les critères administratifs de l’Aikikai. Pour autant, je n’ai pas entendu dire qu’une contestation quelconque se soit jamais élevée à l’Aikikai contre l’autorité technique de Maître Saito.
Le formalisme pointilleux des instances fédérales me fait penser à la phrase de Gide :
Où l’on souhaite de la musique on trouve de l’éloquence et de la ratiocination.
Où l’on souhaite de l’Aikido on trouve désormais des arguments comptables. La vérité est qu’il n’est pas facile de juger avec précision et certitude la valeur technique d’un pratiquant d’Aikido. Où se situe exactement la barre entre un excellent 3ème dan et un 4ème dan moyen ?
Quand Morihiro Saito progressait, il se trouvait quelqu’un – O Sensei en l’occurrence – capable de juger ses progrès et de décider, en pleine autorité, du niveau technique de son élève à un moment donné. Le poids de cette responsabilité reposait sur les épaules d’un homme, mais l’autorité de cet homme reposait elle-même sur une connaissance.
Et j’en arrive à me demander si la ferveur zélote avec laquelle les fédérations se retranchent aujourd’hui derrière des règlements rigides, ne tient pas lieu de cache-misère. Une misère qui se traduirait par la disparition, au sein de ces organisations, des compétences individuelles nécessaires à assumer l’évaluation d’un pratiquant, si par hasard venait à être supprimé le cadre administratif contraignant jusqu’à l’absurde qui sert de béquille aux jurys d’examen.
Aucun élève français de TAI n’ignore qu’il part au casse-pipes, debout dans la mitraille, si d’aventure il ose se présenter à un examen national devant un jury composé pour moitié de représentants de la FFAB et pour moitié de représentants de la FFAAA. Cela pour deux raisons. -* La première c’est que les critères officiels de l’examen national français n’ont plus grand-chose à voir avec l’Aikido d’O Sensei. -* La seconde c’est qu’un système administratif qui confère à deux organisations d’Aikido le monopole de l’attribution des grades dan, place ces dernières en situation de juge et partie. Une fois réunies les conditions menant à l’abus de pouvoir et de position dominante, il ne faut pas s’étonner que ce dernier s’invite ensuite aux délibérations des jurés.
Il serait grand temps que le Ministère des Sports dresse un bilan. Depuis vingt cinq ans, les Médiateurs successifs de l’Etat ont usé leur patience à tenter de faire vivre ensemble les frères ennemis de deux fédérations qui ne veulent pas habiter sous le même toit. Tous ces efforts avortés ont provoqué un discrédit qui retombe sur l’Aikido français dans son ensemble.
La FFAB et la FFAAA sont responsables de ce résultat qui les déconsidère et montre les limites de leur sens de la responsabilité. L’UFA (Union des Fédérations d’Aikido) est une association fantôme. On la sort du placard comme un épouvantail pour donner aux examens un semblant de légitimité, puis on la range jusqu’à la prochaine fois et chacun retourne à ses pénates. A qui veut on faire croire que ce trucage est dans l’esprit de la loi française ? C’est une hypocrisie, une mascarade et un pis-aller que cautionne avec trop de mansuétude et depuis trop longtemps le Ministère des Sports.
Ne doit-on pas, le moment venu, tirer les conséquences des échecs répétés ? Une grande fédération française unifiée d’Aikido peut voir le jour, mais à une seule condition : c’est que la diversité des écoles soit reconnue et prise en compte. Vouloir de force couler toutes les formes dans un moule unique est une entreprise perdue d’avance dans un pays qui produit 365 variétés de fromage.
S’il existe au Ministère des Sports un responsable sensible à cet argument, un responsable fatigué des disputes sans fin de la FFAB et de la FFAAA, et si par hasard cet éditorial lui tombe sous les yeux, je l’engage à prendre contact avec moi. Il existe des solutions capables de concilier à la fois les exigences de l’Etat – qui a besoin d’une fédération unique pour que fonctionnent textes et décrets – les revendications des différents groupes d’Aikido – qui accepteraient de s’inscrire dans un cursus national pourvu qu’on conserve leur autonomie dans certains domaines – et l’intérêt des pratiquants qui en ont assez que leur art soit dénaturé dans d’obscures, stériles et éternelles querelles fédérales.
Philippe Voarino, 24 juin 2007
L’Aikido n’est pas un sport, c’est un art martial dont les lois (takemusu) sont en harmonie avec les lois de l’univers. L’étude de ces lois permet à l’homme de comprendre sa place dans le monde. L’Aikido est né à Iwama, O Sensei a réalisé dans ce village la synthèse entre tai jutsu, aiki ken et aiki jo.
La Fédération Internationale d’Aikido Takemusu (ITAF) apporte au pratiquant la structure dont il a besoin pour travailler au plus près de la réalité définie par O Sensei Morihei Ueshiba. Ses représentations nationales officielles garantissent un enseignement fidèle à celui légué par le Fondateur.
Dans l’Aikido moderne les armes sont peu enseignées, voire pas du tout. Dans l’Aikido d’O Sensei au contraire, l’aiki ken, l’aiki jo et le tai jutsu sont unis par des liens tels qu’ils forment ensemble un riai, une famille de techniques harmonieuses issues d’un principe unique. Chaque technique aide à comprendre toutes les autres.
La paix est un équilibre de l’être humain avec le monde qui l’entoure. L’objectif de l’art martial véritable n’est pas de devenir plus fort que son adversaire, mais de trouver dans l’adversaire un moyen de réaliser l’harmonie, l’ennemi n’existe plus alors comme tel mais comme celui qui offre l’occasion de parvenir au ki unifié.
Commentaires
Soumis par Anonyme (non vérifié) le mer, 04/07/2007 - 11:38 - Permalien
Mr VOARINO
Je suis pratiquant d’aikido depuis 1990 et je ne suis que 1er dan d’une fédé indépendante (A.R.A).
je suis moniteur fédéral dans un club d’un village du sud-ouest.
Je suis tout a fait d’accord avec vous au sujet de la diversité des différentes écoles.
Si l’on fait le compte des fédérations d’aikido en France, les deux officielles representées par le ministère de la jeunesse et des sports et les autres, la diversité
est normale et évidente.
Déjà une chose est anormale en France, ailleurs je sais pas ,c’est qu’un "ART MARTIAL"
comme l’aikido soit représenté par un ministère des "SPORTS" ?
Dans les grandes fédérations, c’est comme en politique, il faut un président général
qui chapauterait l’aikido français et les maîtres français se disputent cette éventuelle
opportunité.
Respectueusement
Pierre Valléjo
Soumis par Anonyme (non vérifié) le mar, 10/07/2007 - 12:56 - Permalien
Bonjour,
Au final, une fédération est un bien un service parapublic, une extension de l’administration publique.
Moi qui suis fonctionnaire, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la carrière du fonctionnaire, l’échelle d’indice du traitement notamment. A des échéances pluriannuelles fixes, le fonctionnaire change d’indice (donc de traitement), de grade ou est promouvable au grade/corps supérieur. Mécaniquement, ce qui n’est qu’un moyen d’acheter la paix sociale avec les personnels et leurs représentants.
Pourtant, la fonction publique change. Le "mérite" permet à certains de gagner de l’ancienneté. On évalue à l’aune de projets circonstanciés...
Les fédérations seraient-elles moins modernes que le "mammouth" ? Vraiment on y voit un esprit "administratif" et "fonctionnarisé" qui relève souvent d’arrangements visant à maintenir si ce n’est une pax publica au moins un statu quo.
A long terme...
Nicolas Doux
Soumis par Anonyme (non vérifié) le ven, 13/07/2007 - 13:58 - Permalien
Mr Voarino,
lorsque vous évoquez le parcours de Morihiro Saito, vous oubliez de préciser que celui-ci a été "élève interne" d’O Senseï et cela, si je ne me trompe, durant 25 ans.
De ce fait, le nombre d’heures d’aikido pratiquées par Saïto était sérieusement supérieur au nombre d’heures que nous pratiquons en 2007, la plupart d’entre nous étant amené à devoir travailler pour vivre et à assumer ses engagements familiaux.
La progression de Saïto n’est donc absolument pas comparable avec notre pratique actuelle.
Soumis par Anonyme (non vérifié) le ven, 13/07/2007 - 15:10 - Permalien
Tout comme une personne qui pratique l’Aiki-tourisme à raison d’une heure par mois n’atteindra pas le grade de Shodan au bout de dix ans... Quoiqu’il doit y avoir bien des endroits où tout est permis.
Je suis donc, comme vous Harumi, tout à fait en accord avec les arguments de Mr Voarino. Les années n’ont pas la même valeur d’une personne à l’autre et ne constituent pas un critère formel universellement valide.
Soumis par Anonyme (non vérifié) le dim, 15/07/2007 - 22:46 - Permalien
Bonjour,
Dans cet article, là n’est pas le débat ! La réalité aujourd’hui est que même si un élève consacre sa vie à l’Aikido ou pratique 4 heures par jours, il se verra bloqué par ce fameux système d’année.
Autrement dit : En supposant que Saito effectue le même nombre d’heure de travail dans notre système actuel, il n’aura pas la même progression... Et pourtant il l’a mériterait tout comme à l’époque !
Julien.
Soumis par Anonyme (non vérifié) le jeu, 23/08/2007 - 10:25 - Permalien
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Soumis par dieu le dim, 20/04/2008 - 11:42 - Permalien
suite vos remarques je suis tout a fait d’accord avec la "stupidité"des délais de progression des fedés.en effet certains clubs pratiquent 4 h par semaine d’autres 12 ou 16 ou plus.dans ce cas comment dire qu’un delai de 3 ou x années est nececssaire pour tel ou tel grades....de plus le fondateur a dit l’aikido ne s’apprend pas il se pratique - or je vois bon nombre "d’eleve" qui apprennent et ne pratique geure - en effet une fois le cours fini on oublie tout jusqu’au prochain cours - de plus "pardonnez moi" mais pour avoir suivi "une ecole des cadres" je dois reconnaitre que je n’ai rien appris a part beaucoup de bla bla - bon il est vrai que le suivi de stages de 8 jours (tous les jours) apprenne beaucop plus qu’un ou 2 jours d’ecole des cadres. de plus j’aimerais qu’on me dise pourquoi des "gradés" (3 /4 dan et meme plus ) ignorent les "fondements" des armes et des bases des deplacements ???désolé je suis un mauvais eleve qui refuse d’etre dréssé a suivre la technique si elle ne "passe" pas - de plus bon nombrede pratiquants (j’en ai vu pas mal )ignore completement les atemis sur certaines techniques (par ex uchi kaiten nage) alors que ces techniques ne peuvent etre effectuées san atémi !il en est de meme pour shionage (ou 3 atémi peuvent etre donnés). il est vrai également que l’on me reproche un aikido "pas gentil" ! je ne pense pas que ’aiki du fondateur etait "gentil". de toute facon mes remarques sont sans importance car il existera tojours vu le contexte actuel de la pratqiue de l’aiki des "grands maitres" dans pas grand chose. regardez les videos sur you tube des grands senseis et meme doshu et si votre oeil est "acéré" vous constaterez les defauts de ces "grands" - perso je prefere m’abstenir de suivre ce "modele" d’aiki. bon il est vrai que je suis "dieu" donc également " le diable" puisque rien ne peut etre sans son contraire. bon courage a tous et ne vous laissez pas abuser par les "titres" et les beaux dojos. bien amicalement.
Soumis par hama le mer, 30/04/2008 - 11:07 - Permalien
bonjour a tous.
je viens vers vous afin peut etre d’eclaircir quelques points obscures, en l’occurence les grades et passages de grade.
comme il est souligné plus haut Saito pratiquait l’aikido quotidiennement, ce qui peut justifier une evolution rapide.
je ne fait ni parti de la FFAB ou de FFAAA, mais de l’AFATJ, pour ceux qui ne connaissent pas Association Francais d’Aikido Traditionnel du Japon, avec a sa tete Gerard Blaize 7eme Dan d’aikikai eleve Hikitsuchi.
bref tout sa pour en revenir au Dan....mais a quoi cela peut il bien vous servir ? ce n’est qu’une carotte pour les plus jeunes et eventuellement une reconnaissance pour les plus anciens.
la pratique de l’aikido est une recherche et non une course !!!
j’ai souvent eu l’occasion de pratiquer avec des licencies deux deux federations ici incriminées pour m’apercevoir que leur aikido est un aikido a la sauce francaise, autant dans l’esprit que dans la pratique.peut etre serait il bon de retrouver l’essentiel dans l’aikido plutot que de rigidifier cette pratique dans un carcan administrativement militaire.
j’ai le plaisir d’evoluer dans un club ou les personnes pratiquent pour l’aikido, pour ce faire plaisir et ou la competition n’est absolument pas de rigueur.j’espere que vous pratiquez pour le plaisir, et oubliez le reste.
bonne journée a tous.
Soumis par jmduclos le lun, 15/12/2008 - 18:13 - Permalien
Bonjour
Je ne partage pas tous vos points de vue dans d’autres articles (ce qui est assez raisonnable, même si c’est par ignorance), mais en ce qui concerne la gestion de l’aïkido à l’échelle nationale, je crois partager la majorité de vos opinions.
Comme il se passe des choses au Portugal, je me permets de vous transmettre quelques unes de nos expériences.
Actuellement, la Fédération Portugaise d’Aïkido - FPA est devenue (après des négociations de 2 ans) une fédération plurielle où chaque groupe peut avoir une pleine autonomie. Il y a naturellement certaines conditions à remplir, mais elles ne portent pas atteinte à l’esprit du système établi, avec les minorités inclues (qui est de ne rejeter personne au départ, que tous "les" Aïkido ont le droit à leur autonomie du moment que chaque chef de groupe est la capacité d’expliquer et d’organiser ce qu’il fait). Ce qui veut dire, que ceux qui ont quelque chose à transmettre à l’échelle qualitative ne seront pas importunés, ni menacés, par la loi. C’est une sorte d’organisation du "marché de l’aïkido" (ce n’est pas la meilleure expression...).
Chaque association (groupe avec autonomie reconnue dans la FPA) présente leurs candidats à moniteur ou instructeur, qui suivent le cursus théorique de la FPA en accord avec l’état. Les cours pratiques (aïkido) sont de la responsabilité de chaque association.
Enfin, voilà, ce n’est certainement pas parfait, mais ça marche assez bien jusqu’à maintenant.
Soumis par christian le jeu, 18/03/2010 - 11:04 - Permalien
Bonjour, Bonjour 61 ans( 51 ANS )de pratique JUDO KARATE AIKIDO
Depuis la f.f.j.d.a ou j’ai eu mes premières licences d’AIKIDO FRANCO FRANCAIS il s’en ai passé des choses au détriment bien entendu des pratiquants car ceux qui veulent régner aiment diviser et lorsqu’ils se rassemblent s’est uniquement dans le but d’exclure les autres pratiquants POUR ASSEOIR LEUR POUVOIR PERSONNEL (Sont tous très gradés ceux là) ....
çà fait un moment que l’ AIKIDO FRANCO Français existe je l’ai rencontré 4 ou 5 fois en appartenant ou en étant sous le joug de fédérations différentes et de ce fait suivant le bon vouloir du nouveau Maitre Je suis tjs retourné à la case départ et ai du désapprendre ce que j’avais appris pour apprendre toujours autre chose ...et bien justement l’ AIKIDO j’ose le dire à présent c’est :" autre chose " pas cette mascarade des gens de "pouvoir pour eux ".... Il devrait s’agir avant tout du partage des connaissances de O SENSEI, de transmission car l’AIKIDO ne leur appartient pas et si l’on juge leur parcours on ne peut pas le qualifié de réussi . Ou est la prospérité mutuelle ? " la grande famille de l’ AIKIDO et surtout des hommes qui y apprennent ce quelque chose n’est pas pour demain.... AIKIKAI aujourd’hui tout le monde s’y réfugie pour asseoir une nouvelle autorité en dehors du schéma habituel Français car spéculation oblige" Sincérité là dedans et bien je la vois pas .Je suis triste car l’AIKIDO n’est pas un sport et va le devenir dans ces federations sportives qui se déchirent entre elles . Kenavo.. Christian Malhomme EPA ISTA Sensei d’AIKID’YS.
Soumis par philippevoarino le mer, 24/03/2010 - 01:10 - Permalien
Bonjour Christian,
L’Aikido c’est comme la légende de la ville d’Ys. Sans clef le diable lui-même ne peut pas en ouvrir les portes. Le monde moderne n’a pas les clefs de l’art d’O Sensei. Alors il joue avec comme un enfant qui ne comprend pas bien ce qu’il a dans les mains. Un peu d’argent, un peu de pouvoir, un peu de gloire, voilà ce qu’il en tire. Mais ce qui plaît aux hommes n’est pas nécessairement ce qui plaît aux dieux.
Vous savez maintenant ce que vous ne voulez plus, l’avenir est radieux, bon courage dans votre recherche.
Philippe Voarino
Soumis par christian le mar, 30/03/2010 - 01:16 - Permalien
Bonsoir Monsieur PHILIPPE VOARINO
Je vois que vous êtes un Bon Maître et si je vous avais eu comme Maître j’aurais certainement été meilleur élève ...
Merci de votre réponse car elle réchauffe le coeur !
Kenavo de chez nous en Bretagne et de Douarnenez Pays de la sardine ou notre DOJO de la Ville d’YS est ouvert aux quatre vents de ceux qui aiment sincèrement cet ART Martial pas comme les autres.
Respectueuses salutations . Christian Malhomme d’ AIKID’YS
Soumis par ericleguillou le mer, 31/03/2010 - 12:31 - Permalien
Bonjour à tous !
Christian n’est pas seul, je suis l’un de ses élèves et j’ai pu constater sur le terrain la situation qui fait l’objet de ce forum. Il nous a offert la liberté en adhérant à la fédération d’Alain Peyrache dont l’attitude est identique à la vôtre, et certains ont claqué la porte n’approuvant pas ses décisions quant à l’ouverture de nouveaux dojos, dont ils auraient pourtant eu la responsabilité ! Ils sont retournés dans le monde fédéral de l’argent pour écouter la messe des récitants habituels (inutile de les citer, vous les connaissez). Aujourd’hui, certains de nos pratiquants, fragilisés par un travail de sape opéré sur eux par ordre des "hautes autorités fédérales", ne savent plus où se situer et se remettent en question par rapport à des affaires idiotes de grades que Christian leur a attribué (à tort selon les dissidents à notre groupe !). Bref le maître mot pour AFATJ est de déstabiliser pour récupérer les adhérents "égarés" que nous avons "manipulés" ...Et à qui tout ça profite ? Au porte monnaie du "prêcheur en chef" !!! Quand on pense que O Senseï refusait de percevoir de l’argent pour enseigner et qu’il préférait que ses élèves fassent des offrandes aux Kamis, ça donne à réfléchir.
Je n’ai rien contre le fait qu’il existe des professionnels dans l’enseignement de l’aïkido, mais quand la perception pendant de nombreuses années de cotisations ne suffit plus pour attribuer un premier dan, et qu’il faut encore se voir assujetti à la gabelle prélevée lors des stages (à prix exorbitant) si on veut espérer avancer un peu, là ça devient carrément de l’extorsion.
Soumis par ono_san le ven, 31/12/2010 - 13:24 - Permalien
Le problème des fédérations...c’est le déchirement entre les pratiques. Chacun veut asseoir sa suprématie sur l’autre. Les deux fédérations sont en perpétuelle opposition. La création de la FFAB et de la FFAAA a été une bonne chose dans le fond, pour la propagation de l’aikido dans notre pays. L’ennui c’est que la forme et les principes de l’aikido n’y font pas lois...la forme des fédérations à l’heure actuelle bien qu’encore en place laisse cruellement à désirer.
J’ai vu des pratiquants des deux fédérations se disputer, se détester même tout cela parce que la recherche est plus ou moins différente dans la forme (ici du point de vue technique). Le fond c’est à dire la non opposition, l’harmonie, l’entente mutuelle et l’échange, cela n’existe même plus.
On secoue le drapeau de l’harmonie et de la paix pour créer un aikido sans puissance aucune, sans utilisation d’atémi. J’ai vu un élève se faire recaler à un examen de 2è dan parce qu’il plaçait un atémi poing fermé au lieu de main ouverte. Aujourd’hui on a remplacé la notion d’atémi par la notion de « caresse » et cela pour prôner le concept de non-violence et cela on est obligé de s’y soustraire dans le système fédéral si on veut avoir la "chance" d’obtenir ses grades et brevets d’état pour pouvoir transmettre l’aikido. Si on ne respecte pas ce système si on crée autre chose, un groupe comme l’association TAI, on passe pour un paria. L’Homme craint ce qu’il ne peut comprendre. C’est dommage.
Je suis quelqu’un qui aime l’aikido, pratiquant à la FFAB. J’essaie de pratiquer l’aikido en étant martial, en travaillant le kokyu, le ma ai, les atémi et toutes ces petites notions telle qu’irimi, et même l’étiquette qui est tout aussi importante que la technique. En respectant mon partenaire. Aikido est un budo, et donc pour moi la finalité est d’évoluer dans ma tête, de devenir un homme meilleur ; le côté martial me servira un jour hélas pour me protéger et protéger les êtres qui me sont chers contre un agresseur. C’est cela la vraie finalité de l’aikido…protéger les gens que l’on aime…là prend tout le sens de l’aïki…le symbole de l’amour et de la protection des êtres vivants. C’est ma pensée. Le système fédéral prône un aikido non violent mais totalement inefficace. La discipline se voit dénigrée par les non-pratiquants, mon but est de redonner à l’aikido ses « lettres de noblesse », de le faire redécouvrir au monde comme un véritable Budo.
Les fédérations ne respectent pas le principe de Aï. Aï veut dire union dans AIKIDO. L’union vient déjà avec l’union de soi-même, gommer les mauvaises intentions, l‘égo de l‘être humain. Les fédérations devraient se regarder elles-mêmes et corriger leurs propres erreurs. Socrate disait : « connais toi toi-même. ».
On ne peut créer une fédération unie avec des pratiques différentes…cela engendrerai des disputes…l’Homme est un être qui s’autodétruit et est en perpétuelle opposition avec lui-même. Il lui faudrait évoluer pour créer quelque chose d’utopique, l’aikido servant à cela, à évoluer dans nos têtes.
Je suis jeune dans la vie et en aikido, je n’ai que 20 ans et donc je ne suis pas un maître, je ne suis pas un sage et mon opinion n’a pas beaucoup de poids cependant je clame ceci : « les gens confondent savoir et compréhension…savoir ce qu’est le AI de AIKIDO, l’union. On sait que c’est l’harmonie, l’union de soi avec les autres…mais aujourd’hui est-ce que les pratiquants et plus particulièrement les fédérations comprennent cela ? Je ne le pense pas. Je n’ai pas la prétention de comprendre le sens de AI…mais j’y aspire. On sait que AIKIDO c’est la voie de l’harmonie des énergies, mais la compréhension de l’harmonie c’est son application dans la vie à tous les niveaux. Les fédérations et les dirigeants savent mais ne comprennent pas ».
Soumis par philippevoarino le ven, 31/12/2010 - 15:44 - Permalien
Ono-San,
Ne croyez pas que ce que vous dites là n’a pas de poids. C’est un témoignage, et c’est le témoignage de quelqu’un qui a observé et réfléchi avant de prendre la parole. Faites attention quand même, vous me faites penser à la chanson de Guy Béart : "Le poète a dit la vérité, il doit être exécuté."
Ce que vous écrivez me touche car j’y vois tout le mal que les fédérations dans leur folie peuvent faire à l’Aikido et à ceux qui croient véritablement que l’art d’O Sensei peut aider les hommes.
Vous êtes jeune, vous êtes enthousiaste, vous cherchez à comprendre. Restez tel que vous êtes, votre force est là. La force des fédérations se trouve à l’inverse dans l’inertie. Cette force est redoutable car elle agit lentement, elle use. Et je vous mets en garde contre une illusion qui est la vôtre et celle de nombreux pratiquants fédéraux qui m’écrivent. On pourrait la résumer ainsi :
" Je suis obligé d’apprendre un Aikido fédéral officiel que je réprouve afin de passer mes examens et de pouvoir enseigner, mais après je ferai l’Aikido auquel je crois vraiment."
Ça ne marche pas comme ça Ono-san, vous ferez l’Aikido que vous aurez appris. Et si vous voulez vraiment changer il faudra tout désapprendre. Désapprendre pour réapprendre est un travail lourd. Je sais de quoi je parle, je l’ai fait. Mais j’ai eu beaucoup de chance, la chance de rencontrer sur ma route deux hommes exceptionnels qui m’ont aidé et permis de le faire. Seul je n’y serais jamais arrivé.
Ayez confiance dans votre intuition, suivez là sans perdre de temps. Si c’est l’Aikido qui est important, à quoi sert-il d’avoir un beau diplôme qui ne permet pas de l’enseigner vraiment ? Ne vous trompez pas d’objectif. Chaque erreur de parcours vous éloigne du but. Vous êtes jeune mais les années passent vite et la quête que vous entreprenez est longue. J’ai vu tant de gens se retourner avec amertume sur le temps perdu.
Bonne route.
Philippe Voarino
Soumis par ono_san le ven, 31/12/2010 - 17:06 - Permalien
à Monsieur Philippe Voarino,
Il y a des choses dans les passages de grades fédéraux (UFA) que l’on ne doit pas faire, comme des atémis trop marqués ce genre de choses etc...
Après je ne connais pas les systèmes de notations des examens donc je serais présomptueux de m’avancer sur le sujet. Les fédérations ce sont des groupes qui assument leurs spécificités techniques et il n‘y a rien de mal à cela, ce sont nos différences qui font la richesse de l‘aikido, comme toutes les cultures du monde qui forment la richesse de l‘humanité.
Ce que je reproche aux fédérations, c’est pas leur création… sans groupe qui aurait soutenu les senseï japonais venant en France, ou qui aurait regroupé les pratiquants sous la même bannière de l’aikido, notre discipline serait sans nul doute moins développée qu’elle ne l’est actuellement.
Je reproche surtout le manque d’écoute…Aikido est la voie de l’harmonie alors je crois qu’il est nécessaire d’écouter et d’essayer de trouver un compromis convenable pour tout le monde tout en respectant les principes de l‘art crée par Maître Ueshiba. Bien sûr comme je le disais cela est une vision utopiste de l’aikido dans notre pays, nous sommes trop cartésiens. Et les dirigeants veulent le plus gros morceau du gâteau. Après tout nous sommes humains et nous commettons des erreurs. Je critique, mais je crois que j’aurais peut être même fait pire que les dirigeants des fédérations.
Concernant ma pratique…
Ce n’est pas que j’ai deux formes d’aikido...une fédérale et une personnelle. J’ai mon aïkido, une forme adaptée à mon handicap et à mon corps, ma musculature etc.. Une forme d’aikido qui descend de mes senseï au dojo, ainsi que des senseï extérieurs qui m’ont marqué lors de stages, ainsi que de la recherche personnelle. Le plus dur est de s’assumer, d’assumer pleinement sa pratique, cela est un travail long et laborieux.
Cependant...ce n’est pas que je veux tout désapprendre...je veux explorer. Il y a des choses que j’ai apprises de mes senseï qui me tiennent à cœur et pour rien au monde je ne les changerai. Les souvenirs liés à mon apprentissage sont uniques. Mes professeurs bien que suivant l’enseignement de feu Tamura Senseï, ont un aïkido bien à eux qui ne correspond pas à celui de Kisshomaru Senseï ou a celui de maître Tamura. C’est un aïkido qui se rapproche des préceptes de Maître Saito également, enfin c’est ce que je pense.
Pour moi l’aikido véritable qui se rapprocherait au mieux des fondements de O’Senseï que cela soit dans ces principes, dans le fond et la forme est l’aikido de Maître Tamura et de Maître Saito. Ces deux maîtres présentent une facette de l’aikido qui me parle.
Je n’ai pas eu la chance de côtoyer Tamura Senseï...je l’ai vu deux fois et la seconde fois, je lui ais servi de partenaire sur Kokyu Ho...un instant qui m’a donné envie de m’investir plus en avant dans l’aikido. Cela m’a rappelé mes débuts lorsque je vis des élèves s’entrainer, la puissance que mon senseï dégageait...l’émerveillement que cela m’a procuré, je l’avais enfin retrouvé dans les mains de feu Tamura Shihan. Bien que Tamura Shihan et vous étiez parfois en désaccord, ce qui compte c’est l’entente mutuelle et le respect surtout le respect…ce que j’ai du mal à retrouver, non pas dans mon dojo, mais de manière générale dans le système actuel.
Comme je le disais, je cherche à trouver un chemin qui me convienne. J’espère un jour devenir à mon tour un senseï, ou du moins un bon sempaï et d’inculquer des valeurs martiales et des valeurs de vie…les plus saines possible.
Il me manque des choses et un jour quand j’aurais suffisamment d’argent pour le faire (étant au chômage cela est compliqué), je partirai rencontrer des senseï tels que vous ou bien d’autres qui ont suivi l’enseignement de maître Saito et ce, afin de ne pas désapprendre, mais de réapprendre. De voir une autre vision du Budo..et de me perfectionner.
Mon rêve serait juste de transmettre l’aikido aux autres... D’échanger, de proposer des concepts de vie…et des concepts techniques. Peut être je cherche juste un brevet d’état pour avoir une reconnaissance…sans doute une manifestation de mon égo, ou quelque chose dans ce genre là.
Je pense néanmoins que le véritable trésor de l’aikido…c’est la création de liens fraternels, d’échange et de partage…de créer des souvenirs heureux inoubliables. Bien sur la technique est le moyen, juste un moyen pas un but à atteindre…afin de le trouver… ce véritable trésor.
Cordialement,
Ono-San