L’entraînement en Aiki et l’entraînement en Aikido sont deux choses différentes.

L’entraînement en Aiki exige la mise en œuvre du principe ten-chi :

Cette exigence n’existe pas dans l’entraînement en Aikido.

L’entraînement en Aikido est une méthode. Dans le mot Aikido, on a pris l’habitude de traduire do par voie, ce n’est pas le terme qui convient, do doit être traduit par méthode. C’est d’ailleurs avec le mot méthode qu’avaient été traduits les ouvrages d’Aikido de Minoru Mochizuki et de Tadashi Abe dans les années 1950 : "Ma méthode d’Aiki-jujutsu", et "L’Aiki-do, méthode créée par le maître Morihei Ueshiba".

En Aiki on pratique sur le Pont Flottant du Ciel, ou encore - si l’on préfère une appellation plus occidentale - sur l’Axe du Monde. En Aikido on n’a pas cette préoccupation, l’Aikido est l’apprentissage d’une gestuelle, c’est un exercice du corps, et c’est pour cette raison qu’il a été possible de traiter cet art comme on le fait d’un simple sport. Il est impossible en revanche de transformer l’Aiki en sport. 

Il faut absolument comprendre ce qui fait la différence entre l’Aikido et l’Aiki, et que cette différence n’est pas en rapport avec la plus ou moins bonne exécution de la gestuelle de l’Aikido. Le temps passé sur les tatamis n’est pas la garantie de trouver, on peut pratiquer l’Aikido cinquante ans et passer à côté de l’Aiki. Quand à la foi dans les compétences purement techniques, il s’agit d’une croyance moderne, c’est une illusion provoquée par l’esprit sportif, car les compétences techniques sont de l’ordre de la méthode, et la méthode s’arrête à la porte de l’Aiki. Il faut qu’à un moment s’ouvre la fenêtre de l’âme spirituelle. Alors l’âme corporelle et l’âme spirituelle peuvent œuvrer ensemble à la création des merveilleuses techniques de l’Aiki. 

S’il ne débouche pas sur l’Aiki, l’Aikido est comme ce que chantait Serge Gainsbourg de l’amour physique, il est sans issue.